Accusé d’avoir insulté Mahomet
Iran: Un ayatollah émet une fatwa invitant à l’assassinat d’un journaliste d’Azerbaïdjan
Tabriz, 1er décembre 2006 (Apic) Un ayatollah iranien a émis une fatwa invitant à l’assassinat d’un journaliste d’Azerbaïdjan accusé d’avoir insulté le prophète Mahomet. L’ayatollah Morteza Bani Fazl, qui vit à Tabriz, dans une région proche de la frontière azérie, a offert sa maison comme récompense pour quiconque tuait le journaliste azéri Rafiq Tagi.
Ce dernier a écrit un article dans le journal azéri «Sanat», illustré par des caricatures de Mahomet qui ont déjà été publiées au Danemark et qui avaient suscité au début de l’année des manifestations partout dans le monde musulman.
Un tribunal de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, a condamné à la mi-novembre Rafiq Tagi et son éditeur, Samir Sadaqatoglu, à deux mois de détention. Les autorités ont déclaré poursuivre leur enquête, et si les deux accusés sont reconnus coupables de violation de l’article 283 du code pénal – incitation à la haine nationale, ethnique ou religieuse – les journalistes risquent entre trois et cinq ans de prison. Ils ont été emprisonnés après avoir publié un article intitulé «L’Europe et nous», dans lequel Rafiq Tagi suggère que des valeurs islamiques bloquent le développement dans ce pays riche en pétrole situé au bord de la Mer Caspienne.
L’article de Rafiq Tagi, un homme qualifié d’»apostat» par les islamistes, a déclenché il y a quelques temps des manifestations devant l’ambassade d’Azerbaïdjan dans la capitale iranienne Téhéran. Les manifestants, en Iran, mais également en Azerbaïdjan, accusent le journaliste azéri de faire passer le christianisme pour supérieur à l’islam et l’Europe pour supérieure au Moyen-Orient. Ils affirment qu’il a tourné en ridicule le caractère sacré de l’islam et qu’il l’a fait en connaissance de cause, pleinement conscient des conséquences de son action.
Après la publication de l’article controversé, le journaliste et son éditeur ont reçu des menaces de mort, forçant leur famille à déménager et à être placées sous protection policière. Le Grand ayatollah iranien Mohammed Fazel Lankarani, un conservateur, a également été interpellé par ses fidèles en Azerbaïdjan, et leur a fait savoir qu’il avait lui aussi émis une fatwa appelant à mettre à mort le journaliste et la personne responsable de la publication de l’article en cause. (apic/bbc/be)




