L’islam au quotidien à Zurich
Zurich: Assemblée plénière de la Conférence centrale des 1er et 2 décembre
Zurich, 7 décembre 2006 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a consacré la partie thématique de sa réunion des 1er et 2 décembre à une rencontre avec l’association des communautés musulmanes de Zurich (VIOZ). Les délégués ont également adopté la répartition des subsides 2007, pour un montant de 8,4 millions de francs, à quelque 60 institutions et projets.
Le président de la VIOZ, Ismail Amin, docteur ès lettres, a présenté l’historique de cette organisation et ses revendications. Dans ses propos, il a souligné plus particulièrement l’importance que revêt pour les adeptes de l’Islam – la troisième plus grande communauté religieuse de Suisse avec 310’000 membres selon le recensement 2000 – de pouvoir pratiquer leur religion en Suisse conformément aux exigences de leur foi. D’un autre côté, il a souligné que la VIOZ respecte l’ordre juridique suisse, basé sur l’Etat de droit et la démocratie, tel qu’il est garanti par la Constitution, ainsi que l’organisation étatique helvétique. L’Etat de droit démocratique est pour tous – donc pour la minorité musulmane aussi – le garant d’une cohabitation harmonieuse et paisible de tout un chacun dans notre pays. La VIOZ n’a nullement pour objectif d’instituer un Etat islamique en Suisse ou de placer le droit islamique au-dessus de sa législation.
A l’issue de l’exposé, la prière du soir à la mosquée et la visite du centre des communautés islamiques ont permis aux participants de se faire une idée de ce que signifie l’islam tel qu’il est vécu au quotidien à Zurich. Une vision propre aussi à compléter le tableau souvent négatif de cette religion brossé par les médias. Or, si l’on veut promouvoir une cohabitation harmonieuse des communautés religieuses et le développement d’un droit étatique régissant la religion qui soit à même de prendre en compte la diversité des conceptions religieuses, il est indispensable de se connaître et d’avoir des échanges ouverts sur tous les sujets, y compris ceux qui sont plus délicats, estime la RKZ.
Barbara Kühne-Cavelti à la présidence de la RKZ
La présidence de la Conférence centrale, forte de six membres, va au-devant de nombreux changements à la fin de la période de mandat 2006-2007. Afin de garantir la continuité au sein de cet organe, Rudolf Würmli (SG), qui y siège depuis 1991, s’est déclaré prêt à quitter sa charge au 31 décembre 2006. Pour lui succéder durant la fin de sa période de mandat, les délégués ont élu à l’unanimité Barbara Kühne-Cavelti, présidente depuis cinq ans de l’Eglise cantonale argovienne. Aussi, à partir du 1er janvier 2007, la composition de la présidence sera la suivante: Gabriele Manetsch (BS, présidente), Pierre Regad (GE, vice-président), René Zihlmann, docteur ès lettres (ZH, vice-président), Georg Fellmann (LU), Barbara Kühne (AG) et Daniel Kosch, docteur en théologie (secrétaire général).
Subsides de 8,4 millions de francs pour 2007
Parmi les points importants à l’ordre du jour figuraient également les décisions relatives au cofinancement pour 2007. Des subsides ont été alloués pour un total de 8,4 millions de francs à quelque 60 institutions et projets. Ces fonds proviennent de deux sources, à savoir de contributions versées par les organisations ecclésiastiques cantonales (5,8 millions) et de fonds de l’Action de Carême affectés au secteur suisse (2,6 millions). Au nombre des principaux bénéficiaires figurent le secrétariat de la Conférence des évêques suisses à Fribourg, le service catholique des médias à Zurich (Katholischer Mediendienst), le Centre catholique de radio et télévision à Lausanne, l’Agence de presse KIPA/APIC à Fribourg, migratio à Lucerne et l’Institut de sociologie pastorale à Saint-Gall. Les subsides destinés à ces six institutions représentent près de 45% des moyens financiers disponibles. Quant au reste des fonds, il sert à soutenir matériellement un grand nombre de services spécialisés actifs à l’échelon suisse ou dans les régions linguistiques, des institutions oeuvrant dans la formation de base et la formation continue, ainsi que des organisations d’adultes.
Contrats de prestation dans l’animation de jeunesse
Dans le cadre de l’attribution des subsides, il a également été décidé de renouveler pour les années 2007 à 2010 les contrats de prestation avec les associations et institutions engagées dans le domaine de l’animation de jeunesse. C’est ainsi qu’ont été approuvés les accords prévus avec les directions nationales du Blauring et de la Jungwacht (Lucerne), l’office suisse alémanique pour le travail auprès des enfants et des adolescents (Fachstelle für kirchliche Kinder- und Jugendarbeit, Zurich), l’Association des scouts catholiques (Zurich), le groupe de travail pour la pastorale des jeunes acolytes (DAMP, Lucerne) et l’Azione Cattolica Giovani (Lugano). Ces conventions définissent les objectifs pastoraux assignés à ces institutions, les prestations attendues de leur part et les montants mis à leur disposition. Sur les quelque 700’000 francs affectés à l’animation de jeunesse, 10% devront être mis à part au cours des quatre prochaines années pour de nouvelles tâches. Parmi celles-ci, le renforcement de la pastorale des jeunes en Suisse romande occupera une place prépondérante.
Malheureusement, ces décisions de principe ont entraîné la nécessité de supprimer progressivement les subsides alloués jusqu’ici à la revue suisse alémanique pour enfants «tut». Etant donné l’insuffisance des moyens à disposition pour assurer le financement des tâches de l’Eglise menées à l’échelon national, il y aura lieu de veiller plus que jamais à ce que les fonds nécessaires soient recueillis là où l’on tire effectivement profit du travail accompli. Aussi, la Conférence centrale entend lutter de concert avec les responsables pastoraux pour que les communautés ecclésiastiques et les paroisses s’engagent en faveur de la promotion et du financement de cette revue pour enfants dont la valeur est pleinement reconnue.
Au-delà des organismes responsables du cofinancement, la Commission de planification pastorale, la Conférence des évêques et le délégué de cette dernière pour la jeunesse, Mgr Denis Theurillat, ont été étroitement associés à la procédure de mise au point des contrats de prestation.
Financement de la pastorale des migrants
Le nouveau modèle d’organisation et de financement de migratio a constitué lui aussi un objet important inscrit à l’ordre du jour. Après un important travail préparatoire, la Conférence centrale a décidé à l’unanimité de financer à l’avenir les tâches accomplies à l’échelon national dans le domaine de la pastorale des migrants au moyen d’un budget global. La charge financière sera répartie entre les organisations ecclésiastiques cantonales sur la base d’une clé de répartition qui tiendra notamment compte des conditions différentes prévalant en Suisse alémanique, en Suisse romande et dans le diocèse de Lugano. Le nouveau modèle entrera en vigueur au 1er janvier 2008. Il aura notamment pour effet que les missionnaires et autres collaborateurs au service des missions actives à l’échelon de la Suisse bénéficieront des conditions d’engagement et de salaire en vigueur dans les cantons où celles-ci ont leur siège. Au cours des prochains mois, les organisations ecclésiastiques devront se prononcer sur le point de savoir si elles sont prêtes à inscrire les sommes attendues dans leurs budgets respectifs au cours des années à venir. Le montant cible devra être relevé de 2808 à 2010 de 1,9 million de francs par an.
Bons rapports entre autorités ecclésiales et ecclésiastiques
La rencontre annuelle entre la présidence de la RKZ et le membre de la Conférence des évêques responsable des contacts avec elle, Mgr Amédée Grab, s’est déroulée juste avant l’assemblée plénière. Le nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques, Felix Gmür, docteur en théologie, y a participé pour la première fois.
D’un côté comme de l’autre, la constatation a été faite que les relations entre les autorités ecclésiales et les organismes de droit public ecclésiastique étaient généralement bonnes. Mgr Grab a rendu hommage au rôle joué par les structures de droit public ecclésiastique et plus particulièrement par la Conférence centrale en matière de financement et d’organisation de la vie ecclésiale. Cet organisme contribue de manière déterminante à ce que les conditions matérielles soient réunies pour permettre aux évêques d’assumer leurs responsabilités.
Des paroisses font fi de la hiérarchie catholique
Certaines situations conflictuelles ont été passées en revue, de même que la question de l’incitation des paroisses à faire fi des compétences de la hiérarchie ecclésiale lors des nominations à des postes pastoraux. Sur ce sujet, les représentants de la Conférence centrale et de la Conférence des évêques ont été unanimes à reconnaître que de tels procédés sont contraires à la fois aux lois civiles adoptées démocratiquement et à la conception que l’Eglise catholique nourrit d’elle-même. Tant les organismes de droit public ecclésiastique cantonaux que les autorités publiques en charge de la surveillance des communautés ecclésiastiques ne peuvent admettre de tels procédés, estiment les évêques suisses et la RKZ. Ce n’est pas en appelant à mépriser le droit en vigueur que l’on favorisera l’avènement de réformes au sein de l’Eglise, notamment en matière de conditions d’accès aux ministères pastoraux. A cela s’ajoute que ce type de manoeuvres pèse gravement sur les rapports entre la hiérarchie ecclésiastique et les organismes de droit public ecclésiastique. Impliquant le respect des compétences mutuelles et des ordres juridiques différents qui les régissent, ces structures parallèles ne peuvent cohabiter harmonieusement que si elles collaborent dans un esprit de partenariat.
Enfin, les échanges ont porté aussi sur des questions de toute autre nature, telle que de la présence des Eglises à l’Euro 08. Cette grande manifestation de football austro-suisse constituera un défi avant tout pour les Eglises des lieux où se tiendront les matches. (apic/com/bb)




