Harcèlement judiciaire contre un militant des droits de l’homme

Congo: Les milieux chrétiens dénoncent les abus de pouvoir du gouvernement

Brazzaville, 13 décembre 2006 (Apic) L’arrestation de Christian Mounzéo, militant actif dans la lutte pour la transparence de la gestion des revenus pétroliers et président de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) au Congo-Brazzaville, suscite la colère des responsables chrétiens du pays.

Christian Mounzéo a été arrêté le 13 novembre à l’aéroport de Brazzaville au retour d’une Conférence internationale tenue à Oslo. Lors de cette rencontre, Christian Mounzéo avait dénoncé la gestion des revenus du pétrole au Congo, pays pauvre et très endetté où 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais qui perçoit plus de 25 millions de dollars par an de rentrées fiscales liées au pétrole.

Le pasteur Raymond Moukala, de l’Eglise évangélique du Congo, qui dirige l’Action évangélique pour la paix, parle de «harcèlement» et de «persécution» à l’encontre des militants des droits de la personne.

Christian Mounzéo est coordinateur de la section congolaise de la campagne «Publiez ce que vous payez», une coalition internationale qui milite pour une plus grande transparence dans la gestion des revenus que les industries pétrolières et minières payent aux gouvernements.

Les services de police lui reprochent d’avoir «tenu des propos diffamatoires à l’égard du président de la République depuis l’étranger».

Dans une déclaration du 23 novembre, cinq organisations non gouvernementales chrétiennes ont appelé ensemble les autorités congolaises à faire cesser «les dérives policières» et «l’acharnement judiciaire» à l’égard des militants des droits de la personne. «Les Congolais doivent jouir de leurs droits fondamentaux, y compris les libertés d’opinion, les libertés d’aller et venir», peut-on lire dans la déclaration.

Evêques catholiques également au créneau

Les évêques catholiques, qui se disent «surpris» par l’arrestation de Christian Mounzéo, ont exigé dans une déclaration publiée le 23 novembre la restitution des documents «saisis sans mandat, pendant la perquisition du domicile de Christian Mounzéo en avril dernier». Ils exhortent les autorités policières et judiciaires à «respecter l’intégrité physique et les procédures judiciaires» du prévenu.

Christian Mounzéo a été transféré à Pointe-Noire, où il a été traduit en justice pour «s’expliquer sur les raisons de son retour au Congo». Son avocat, Maître Malonga, s’est vu refuser de rencontrer son client pendant l’interrogatoire et le tribunal a reconnu l’illégalité du mandat d’amener. «Comment peut-on interroger un citoyen sur les raisons de son retour au Congo, comme s’il n’avait pas le droit de rentrer chez lui après un voyage ?», s’interroge l’abbé Félicien Mavoungou, de la Commission catholique «Justice et Paix».

Christian Mounzéo, a été libéré sur ordre du juge mais a été de nouveau arrêté fin novembre, selon l’organisation internationale de lutte contre la corruption Transparence-International. (apic/eni/pr)

13 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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