Protéger les femmes victimes de l’industrie du sexe
Irlande: Les évêques irlandais interpellent le gouvernement
Dublin, 19 décembre 2006 (Apic) Les évêques catholiques irlandais ont interpellé le gouvernement de Dublin pour qu’il fasse adopter sans tarder une législation destinée à protéger les femmes victimes de l’industrie du sexe.
Dans une déclaration adoptée dans le cadre de son assemblée générale de décembre à Maynooth, la Conférence épiscopale d’Irlande souligne que cette législation devrait fournir une assistance aux femmes victimes de ce trafic et «ne pas être utilisée pour les renvoyer dans leur pays d’origine».
Les évêques plaident pour que ces femmes aient accès à des permis de résidence temporaire après avoir échappé à ceux qui les tiennent sous contrôle ou avoir été convaincues de s’en sortir. Il s’agit de donner du temps à ces femmes de récupérer dans une certaine mesure de ce traumatisme et de recevoir le soutien nécessaire.
Depuis une dizaine d’années que l’Irlande connaît un véritable boom économique, le pays a attiré un nombre croissant de femmes travaillant contre leur gré dans l’industrie du sexe. L’Irlande n’a pas signé la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (*). Ce pays est l’un des trois qui ne protège pas les victimes de la traite d’êtres humains qui ont des permis de séjour.
Les évêques irlandais rappellent que ces femmes, attirées à l’étranger par la tromperie sous la promesse d’une vie meilleure, sont victimes d’un crime horrible en étant forcées à se prostituer. Les droits humains de ces personnes doivent être la partie centrale de la législation contre le trafic d’êtres humains. Les victimes doivent recevoir protection et assistance médicale, sociale et psychologique, écrivent-ils.
Une campagne du Conseil de l’Europe
La Campagne du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains – qualifiée de forme moderne du commerce mondial des esclaves – a été lancée en 2006 sous le slogan «L’être humain – pas à vendre». Elle a pour objectif de sensibiliser les gouvernements, les parlementaires, les collectivités locales et régionales, les ONG et la société civile à l’ampleur du problème de la traite des êtres humains en Europe aujourd’hui.
Dans ce contexte, des êtres humains sont trop souvent considérés comme des marchandises à acheter et à vendre, que l’on force à travailler, la plupart du temps dans l’industrie du sexe, mais aussi dans d’autres secteurs, pour des salaires de misère voire sans salaire. La traite des êtres humains est une atteinte directe aux valeurs sur lesquelles le Conseil de l’Europe fonde son existence, rappelle-t-il.
La campagne attire l’attention sur les différentes mesures qui peuvent être prises pour empêcher cette nouvelle forme d’esclavage, pour protéger les droits fondamentaux des victimes et pour poursuivre en justice les auteurs de la traite. Elle vise à promouvoir la signature et la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains afin que cet instrument efficace puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais. (apic/cns/irbc/coe/be)




