De 17 à 14, d’ici à 2010
Suisse: La DDC resserre son action et réduit le nombre de pays du Sud où elle intervient
Berne, 18 janvier 2007 (Apic) La réduction de la pauvreté et la sécurité humanitaire sont les priorités de la coopération suisse au développement en 2007. Jeudi à Berne, lors d’une conférence de presse de la Direction du développement et la coopération de la Confédération (DDC), le directeur Walter Fust a explicité les priorités thématiques et géographiques de l’aide suisse au développement. Pour augmenter son efficacité, la DCC va resserrer son action, et réduire de 17 à 14 le nombre de pays du Sud où elle intervient.
Au plan géographique, la DDC annonce qu’elle ramènera de 17 à 14, d’ici à 2010, le nombre des pays du Sud dits prioritaires. Dans le domaine de la coopération traditionnelle avec l’Est, les deux programmes nationaux menés dans les nouveaux Etats membres de l’Union Européenne (UE) que sont la Bulgarie et la Roumanie se termineront fin 2007.
Lutte contre la pauvreté, mais aussi sécurité humaine dans le contexte d’un partenariat mondial: tel est le cadre d’orientation défini en 2006 par le Conseil fédéral en matière de politique de développement. Il constitue la base sur laquelle reposera le vaste éventail d’activités incombant à la DDC en 2007, a déclaré son directeur, Walter Fust, lors de la conférence de presse annuelle à Berne.
Soutien aux réformes de l’ONU
La DDC devrait disposer cette année d’un budget inchangé de 1,3 milliard de francs, soit une somme équivalente à celle de ces dernières années. Elle a donc l’obligation de concentrer ses ressources disponibles pour avoir un impact optimal, a estimé jeudi Walter Fust. La Suisse consacre environ 0,4% de son produit national brut au développement, bien en dessous des 0,7% préconisés par l’ONU. Elle continuera de s’investir dans la santé, l’éducation, l’eau, l’environnement ou encore la bonne gouvernance et attribuera une priorité aux questions de la place des femmes dans le développement.
Parmi les axes prioritaires de la DDC, on note cette année la participation active à la poursuite des réformes entreprises au sein de l’ONU. Cette réforme vise à une amélioration sensible de la cohérence et de l’efficience de l’ONU dans les domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement. La DDC veut également poursuivre la garantie du financement de crédits à faibles taux d’intérêt pour les pays les plus pauvres ainsi que la mise en oeuvre de la stratégie anti-corruption adoptée en 2006.
La DDC va également poursuivre le renforcement de la concentration thématique et géographique, d’une part, et l’amélioration de la communication concernant les résultats et l’efficacité de la coopération suisse au développement, de l’autre. En mai 2006, le Conseil fédéral a défini l’orientation stratégique à appliquer à la politique suisse de développement.
Prenant en compte le contexte international et l’évolution mondiale au cours des dernières années, cette orientation s’articule autour de trois axes: la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fixés par l’ONU – dont la cible essentielle est la réduction de moitié, d’ici à 2015, de la pauvreté à l’échelle mondiale; la gestion des risques systémiques pour la sécurité, tels que les bouleversements climatiques et la faillite des Etats; l’instauration d’une mondialisation plus juste. Celle-ci doit favoriser le développement et permettre aux pays en développement de bénéficier des chances qu’offre la mondialisation de l’économie. La DDC s’attache en outre à promouvoir la consolidation du site de Genève en tant que «centre mondial» de l’aide humanitaire.
L’agenda multilatéral de l’année 2007 met également l’accent sur la garantie de la mise à disposition de crédits à faibles taux d’intérêt pour les pays en développement. Les négociations sur la reconstitution du capital de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale (AID) et du Fonds africain de développement (FAD) se tiendront ce printemps. Ces deux institutions, qui accordent aux pays les plus pauvres des prêts à un taux d’intérêt plus favorable, leur fournissent aussi une assistance technique.
Se concentrer sur les actions les plus performantes
En ce qui concerne le processus de concentration des activités et des ressources de la DDC aux plans thématique et géographique, cette démarche repose sur l’analyse du portefeuille d’activités de la DDC menée en 2006. «Notre objectif consiste à atteindre le meilleur niveau d’efficacité que permettent les ressources à disposition», a déclaré Walter Fust. Il conviendra dès lors de se limiter à dix thèmes principaux et à deux thèmes transversaux dans lesquels la Suisse est particulièrement performante en comparaison internationale. Citons, entre autres, l’Etat de droit, les ressources naturelles et l’environnement ou encore l’éducation. A noter que, dans le domaine de l’éducation, la DDC élabore une nouvelle stratégie ayant pour objet la formation de base, l’alphabétisation et la formation professionnelle.
L’adoption par le peuple suisse, en novembre 2006, de la loi fédérale sur la coopération avec les Etats d’Europe de l’Est permet à la DDC de poursuivre son aide traditionnelle aux pays de l’Est. Il s’agit de mettre en oeuvre le fameux «milliard» de francs en faveur des dix nouveaux membres de l’UE (Roumanie et Bulgarie non comprises) sur les dix prochaines années.
Le Conseil fédéral a, par ailleurs, chargé la DDC et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) de mettre en oeuvre la contribution à l’élargissement aux nouveaux Etats de l’Est membres de l’UE. Les premiers versements devraient avoir lieu au cours du second semestre 2007. (apic/ddc/be)




