Ouganda: Décès de la fondatrice du mouvement de lutte armée dans le nord du pays
La «prêtresse du Saint-Esprit» inspirée par l’eau et les plantes
Kampala, 19 janvier 2007 (Apic) L’ancienne cheffe rebelle ougandaise, Alice Lakwena, âgée de 51 ans, est décédée dans un camp de réfugiés au Kenya où elle vivait depuis la fin des années 80. Surnommée la prêtresse du Saint-Esprit, elle est à la base de la lutte armée qui dure depuis plus de 20 ans dans le nord de l’Ouganda.
Selon l’Agence France presse (AFP) et Radio France internationale, elle est décédée, dans la nuit du 17 au 18 janvier 2007, dans un camp de réfugiés situé au nord-est du Kenya. Elle y vivait en tant que «invitée» du gouvernement kenyan, mais pas en tant que réfugiée.
Elle avait à peine 20 ans quand elle a créé un mouvement de lutte armée, affirmant être inspirée par les «paroles des plantes et de l’eau». Elle enduisaient ses combattants d’huile sainte et leur promettait que les balles ennemies se transformeraient en gouttes d’eau au moment où elles les atteindraient. Elle avait réussi à rassembler autour d’elle divers mouvements rebelles de son pays qui, en 1986, tentaient de résister, par les armes, à la prise du pouvoir en Ouganda, par Yuweri Museveni et ses combattant, depuis lors.
Les combattants rebelles avaient réussi plusieurs fois à mettre en échec les troupes de Museveni, composés à l’époque essentiellement d’enfants soldats. Ils avaient été contraints de se replier du nord jusqu’aux sources du Nil. La prêtresse liait ces victoires à sa seule bénédiction. Mais ses hommes ont fini par être déroutés, faute de moyens, et du fait qu’ils étaient isolés de leurs bases de recrutement.
Flambeau de la guérilla repris par Joseph Kony
Depuis cette défaite, à la fin 1987, elle s’est retirée au Kenya où elle vivait dans un camp de réfugiés. Par la suite, l’un des ses cousins, Joseph Kony, un catéchiste, a repris le flambeau de la guérilla, en créant un autre mouvement pour combattre le régime de Yoweri Museveni, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Basé sur les 10 commandements de la Bible, il comptait moins de combattants, mais était, plus efficace que celui de Alice Lakwena. Il est toujours actif dans le nord de l’Ouganda où il s’est caractérisé par des atrocités sur les populations civiles.
En août dernier, le gouvernement ougandais et la LRA ont signé un accord de paix. Ce cessez-le-feu a mis fin aux combats. Il n’a cependant pas permis d’avancer dans les pourparlers pour aboutir à un règlement définitif du conflit. De son côté, la Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt pour crimes de guerre contre plusieurs dirigeants de la rébellion, dont Joseph Kony. Son mouvement a conditionné un règlement définitif du conflit à la levée de cette condamnation. Il a décidé d’envoyer une délégation auprès de la Cour pour évoquer cette question. (apic/ibc/bb)




