Le cardinal Dziwisz l’affirme

Pologne: Affaire Wielgus, l’Eglise polonaise a toujours été fidèle à sa mission

Rome, 22 janvier 2007 (Apic) Deux semaines après la démission de l’archevêque de Varsovie, Mgr Stanislas Wielgus, convaincu de collaboration avec la police secrète communiste, le cardinal archevêque de Cracovie, Stanislaw Dziwisz, affirme que l’Eglise polonaise «a toujours été fidèle à sa mission». Des propos contenus dans une interview accordée au mensuel italien «Famiglia Cristiana» daté du 27 janvier 2007.

Parallèlement, dans son livre «Une vie avec Karol», à paraître le 24 janvier, l’ancien secrétaire particulier du pape polonais indique que Jean Paul II était «la bête noire» du régime communiste. «»Il faut dire la tête haute et clairement que l’Eglise polonaise n’a jamais cédé devant la répression», déclare ainsi le cardinal Dziwisz dans le mensuel italien «Famiglia Cristiana».

L’affaire Wielgus, estime-t-il, a révélé quelques «faiblesses» d’hommes de l’Eglise polonaise, mais «il faut aussi avoir le courage de dire que l’Eglise n’a jamais cédé, elle a toujours été fidèle à sa mission». «Dans l’Eglise, comme partout, il y a des gens plus faibles, hommes, femmes, prêtres ou évêques», commente le haut prélat. «L’homme pécheur ne me scandalise pas», confie-t-il encore. Le cardinal Dziwisz a écrit à tous les prêtres de son diocèse pour leur dire que si l’un d’entre eux avait un poids sur la conscience pour avoir collaboré, même inconsciemment, pour qu’il vienne le voir». «Nous étudierons ensemble la question et nous la résoudrons».

Il estime qu’il faut s’efforcer à expliquer le contexte de l’époque, surtout aux jeunes. , c’est-à-dire «comment nous vivions, nous souffrions, nous témoignions de notre foi avec fierté, courage et de grands sacrifices». Par ailleurs, dans l’ouvrage «Une vie avec Karol», qui sera publié en italien le 24 janvier par les éditions Rizzoli, le cardinal Stanislaw Dziwisz confie des souvenirs des 40 années passées aux côtés de Karol Wojtyla. Ce dernier, selon le cardinal Dziwisz, était devenu la «bête noire» du régime communiste lorsqu’il était archevêque de Cracovie, de 1964 à 1978.

«Tout le bâtiment de l’archevêché, y compris la chambre à coucher du cardinal, son bureau, la salle à manger, le salon, tout était tapissé de micros», se rappelle Stanislaw Dziwisz qui précise que, pour s’amuser, Mgr Wojtyla «parlait à voix haute» de façon à ce que les communistes entendent «ce qu’il voulait que l’on sache». Mais lorsqu’il s’agissait de rencontres délicates, il sortait de la résidence, indique encore l’archevêque de Cracovie.

Quelques récits inédits

Le livre de souvenirs de celui qui a été secrétaire de Karol Wojtyla d’octobre 1966 à sa mort, en avril 2005, recèle quelques récits inédits, comme celui des sentiments de Jean Paul II après l’attentat qui faillit lui coûter la vie, le 13 mai 1981, ou lors de la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989. Le cardinal Dziwisz fait aussi le récit de la réaction de Jean Paul II lors des attentats terroristes du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis.

«Le Saint-Père était à Castel Gandolfo, se souvient Stanislaw Dziwisz, le téléphone a sonné, et, à l’autre bout du fil, il a entendu la voix effrayée du cardinal Sodano, le secrétaire d’Etat. Il a fait allumer la télévision et a pu voir ces images dramatiques». Le pape a alors passé le reste de la journée «entre sa chapelle et la télévision» raconte son secrétaire particulier qui se souvient que, les jours suivants, Jean Paul II était fortement préoccupé par le fait que cela ne s’arrête pas là et que l’attentat puisse entraîner une spirale de violence sans fin. Publié par la maison d’édition italienne Rizzoli, le livre de souvenirs de l’ancien secrétaire particulier de Jean Paul II consiste en une série d’entretiens conduits par le journaliste italien Gian Franco Svidercoschi. (apic/imedia/ami/be)

22 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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