Les chrétiens mongols ne sont que quelques centaines
Mongolie: Ouverture de la première paroisse catholique en dehors de la capitale
Darhan, 31 janvier 2007 (Apic) Les missionnaires salésiens en Mongolie ont ouvert à Darhan la première mission catholique en dehors de la capitale. Située à 200 km au nord d’Oulan-Bator, Darhan est la deuxième plus grande ville de Mongolie. Trois prêtres salésiens et quatre religieuses des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa y travaillent. A Pâques 2006, 11 des 70 baptêmes célébrés dans ce pays de tradition bouddhiste ont eu lieu dans cette ville.
La nouvelle mission de Darhan compte actuellement 23 catéchumènes, qui seront baptisés à Pâques. Dans cette ville, les missionnaires salésiens s’engagent pour améliorer la vie de la population locale, en offrant notamment de nouvelles opportunités aux jeunes.
Le Père James Cheruvathur, curé de la nouvelle paroisse de Darhan, confirme à l’agence catholique italienne AsiaNews que les salésiens sont les premiers à avoir établi une mission en dehors de la capitale mongole, qui devient maintenant une paroisse à part entière.
Dans cette ville, personne ne connaissait la religion catholique, mais les missionnaires ont gagné peu à peu la confiance de la population, en premier lieu des jeunes. «La vraie force de toute société, ce sont les jeunes, c’est d’ailleurs don Bosco lui-même qui nous l’a enseigné. Grâce à Dieu, nous avons maintenant une communauté de 22 catholiques, et s’Il le veut, 23 autres seront baptisés à Pâques. Ils sont très attentifs à la foi, certains viennent à la messe tous les matins», témoigne-t-il.
Un long processus d’apprivoisement
Le missionnaire relève que le peuple mongol est «simple de coeur, mais très pauvre»: «Nous avons le devoir de l’assister spirituellement, mais nous sommes engagés aussi à leur donner la possibilité d’améliorer leur vie, notamment par des leçons d’anglais et des cours d’ordinateurs. Ce sont de nouvelles connaissances fournies avec des valeurs antiques. Le gouvernement, qui est communiste, le sait et il est heureux de notre travail à tel point qu’il nous a même donné la permission de construire une nouvelle église!»
En 2002, le pape a élevé la mission «sui iuris» d’Urga (Oulan Bator) au rang de préfecture apostolique, et l’a confiée à Mgr Wenceslao Padilla, un missionnaire scheutiste philippin. En Mongolie, une ancienne République populaire de 1’565’000 km2 pour moins de 3 millions d’habitants – devenue communiste dans le sillage de l’Union soviétique – le bouddhisme et le chamanisme renaissent. Ils avaient souffert d’une violente tentative d’éradication menée par le nouveau régime issu de la Révolution des années 20.
La mission catholique s’y est implantée en 1992 avec l’arrivée à Oulan Bator de trois missionnaires scheutistes, les Philippins Wens Padilla et Gilbert Sales, et le Belge Robert Goessens. Actuellement, le «pays du ciel bleu» est évangélisé par une cinquantaine de missionnaires étrangers – prêtres, frères et religieuses provenant d’une quinzaine de pays. Le pays de Gengis Khan compte désormais une petite communauté catholique – forte de quelques centaines de membres -, implantée depuis une quinzaine d’années.
Au début des années 1990, lors de la démocratisation du régime et l’ouverture au monde de la Mongolie, qui fut sous la coupe d’un régime communiste fermé, la pratique de la religion fut à nouveau autorisée, et les monastères purent rouvrir. Avec la libéralisation, le pays a assisté à une résurgence des pratiques lamaïstes ainsi que de la religion traditionnelle, le chamanisme.
«Mais il n’y avait plus de mémoire de la présence de communautés chrétiennes dans le pays, plus aucune trace, à la différence de la Chine voisine», témoigne Mgr Padilla. Pour le prélat philippin, la prédication missionnaire se heurte certes à l’héritage de 70 ans de communisme, mais également à une culture assez hermétique au message chrétien. Sans compter qu’un tiers des nouveaux catholiques mongols ont déjà quitté le pays pour chercher un avenir meilleur en Corée du Sud, à Taiwan, au Japon, en Europe, aux Etats-Unis.
Ils y travaillent ou étudient. Certains ont été envoyés par l’Eglise à Rome dans l’espoir qu’à leur retour, ils viennent en aide à l’Eglise locale, notamment pour la traduction d’ouvrages religieux et pour la catéchèse. Ils étudient à l’étranger, car les universités de Mongolie sont loin d’être compétitives en termes de standards. JB
Encadré
Naissance d’une jeune Eglise
La naissance de l’Eglise en Mongolie date du mois d’août 1992, à la suite de l’ouverture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. La Mission d’Oulan-Bator fut alors créée et confiée aux Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie (CICM), connus sous le nom de «scheutistes». Elle a été, le 30 avril 2002, érigée en Préfecture apostolique. Quand les premiers missionnaires catholiques, un Belge et deux Philippins, sont arrivés en Mongolie en 1992, personne n’avait jamais entendu parler de Jésus dans ce pays ! Mgr Wenceslao Padilla, missionnaire philippin, a été nommé préfet apostolique d’Oulan Bator, et la préfecture apostolique recouvre tout le territoire de la Mongolie, qui ne comprend en tout et pour tout que les trois paroisses d’Oulan-Bator et la nouvelle paroisse de Darhan. (apic/asian/eda/be)




