Rome: Intervention du pape au lendemain du référendum au Portugal
«Aucune loi humaine ne peut toucher à l’ordre voulu de Dieu»
Rome, 12 février 2007 (Apic) Aucune loi des hommes ne peut se substituer à la loi divine et «affaiblir la famille pénalise la société», a déclaré lundi Benoît XVI quatre jours après l’adoption par le gouvernement italien d’un projet de loi sur les unions de fait. «Affaiblir la famille, c’est pénaliser la société», a dit Benoît XVI.
Le pape qui recevait en audience les participants à une convention sur «le droit naturel» au lendemain de la victoire du «oui» au referendum sur la dépénalisation de l’avortement au Portugal a relevé «qu’aucune loi faite par les hommes ne peut renverser celle du créateur sans que la société n’en soit dramatiquement affectée dans son fondement même».
Benoît XVI a expliqué qu’aucune législation ne pouvait toucher l’institution de la famille, le 12 février 2007. Il recevait en audience les participants au Congrès international sur le droit naturel organisé à l’université du Latran. L’université pontificale, à l’invitation de la Congrégation pour la doctrine de la foi, organise une rencontre sur les ’problèmes et perspectives’ de la loi morale naturelle, du 12 au 14 février 2007.
«Aucune loi faite par les hommes ne peut bouleverser la norme fixée par le Créateur sans que la société ne soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement premier», a ainsi déclaré le pape. «Pénaliser les enfants, affaiblir la famille, c’est rendre précaire le futur de la société avec des lois qui contrastent clairement avec le droit naturel», a-t-il insisté. «Le bien des conjoints comme celui de la société ne dépend pas de l’arbitraire», a encore insisté le pape.
«Il y a des normes qui précèdent toute loi humaine» et qui «n’admettent aucune intervention de la part de personne», a poursuivi Benoît XVI, soulignant que «la loi naturelle est en définitive le seul rempart contre l’arbitraire du pouvoir ou les ruses de la manipulation idéologique».
«La connaissance de la loi, a souligné le pape, est inscrite dans l’être humain». Selon lui, «la loi écrite dans notre nature même est la véritable garantie offerte à chacun pour pouvoir vivre libre et respecté dans sa propre dignité».
«Je sens encore une fois le devoir d’affirmer que tout ce qui est scientifiquement faisable n’est pas éthiquement légitime», a aussi indiqué Benoît XVI, pour qui «la technique, lorsqu’elle diminue l’être humain, finit par avoir des conséquences néfastes pour tous».
Le pape a invité à «un fructueux dialogue entre croyants et non-croyants», entre théologiens et hommes de sciences «afin d’offrir au législateur un matériel précieux». «Se fier aveuglement à la technique comme unique garantie de progrès sans offrir un code éthique qui plonge ses racines dans cette réalité qui est étudiée et développée, équivaudrait à violer la nature humaine avec des conséquence néfastes pour tous», a conclu le pape.
Les propos de Benoît XVI interviennent alors que la polémique sur le «dico» (le Pacs à l’italienne) continue d’agiter la péninsule. Le cardinal Camillo Ruini a annoncé la publication par les évêques italiens d’une note officielle au sujet du projet de loi sur les couples. Les paroles du pape surviennent aussi au lendemain de la victoire du «oui» au referendum sur la dépénalisation de l’avortement au Portugal, même si plus de la moitié des électeurs se sont abstenus.
Assemblée extraordinaire des évêques portugais
Au lendemain du référendum, les évêques portugais ont décidé de se réunir vendredi en assemblée plénière extraordinaire à Fatima pour analyser la victoire du «oui» au référendum sur la dépénalisation de l’avortement dimanche. Selon le porte-parole de la Conférence épiscopale, Mgr Carlos Azevedo, les évêques ne se prononceront pas avant.
Dans des déclarations à la presse, le président de la Conférence épiscopale et archevêque de Braga (nord du pays), Mgr Jorge Ortiga, a cependant considéré que le résultat du référendum n’était «pas décisif», l’Eglise estimant que «la question de la vie» n’est pas de nature à être traitée par voie référendaire. (apic/imedia/ag/hy/pr)




