Un fond islamique prêt à financer les travaux de rénovation
Jérusalem: Les travaux sur le Mont du Temple sont suspendus, pas les fouilles
Rabat, 14 février 2007 (Apic) Le Fonds Al Qods, issu du comité du même nom présidé par le roi du Maroc Mohammed VI, se dit disposé à financer la restauration du passage de la Porte des Maghrébins à Jérusalem, indique un communiqué diffusé mercredi à Rabat.
Israël a lancé le 6 février des fouilles archéologiques qui devaient précéder la pose de poutres pour une nouvelle rampe menant à la Porte des Maghrébins près de la mosquée Al Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Ces rénovations ont suscité une vague de protestations dans le monde musulman. Des heurts violents ont opposé la police à des manifestants palestiniens. Les musulmans avaient qualifié ces travaux d’»attaque criminelle».
Dimanche soir, face à l’indignation du monde musulman dans le monde, le maire de Jérusalem, Uri Lupolianski, avait finalement décidé de suspendre les travaux près de l’Esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem. La municipalité de Jérusalem assurant qu’elle allait soumettre une nouvelle procédure pour la rampe d’accès à l’Esplanade des Mosquées.
Contrairement à des rumeurs, laissant entendre que les autorités de Jérusalem allaient renoncer à ces travaux, ces dernières indiquent que la poursuite des fouilles archéologiques aura bel et bien lieu, en dépit des protestations des responsables arabes et des dignitaires musulmans ainsi que des responsables des Eglises de Jérusalem.
Selon l’Agence France presse, le Fonds Al Qods, basé à Rabat, compte prendre en charge le financement des travaux de restauration «sous la supervision du département des Waqfs islamiques (administration des biens légués par les musulmans à la communauté) à Jérusalem». La décision de ce fonds, un organe du Comité Al Qods – issu de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) – survient à la suite d’une décision commune du Haut Conseil islamique et du Conseil des Waqfs à Jérusalem, précise le communiqué diffusé à Rabat.
En Israël, des fouilles archéologiques doivent obligatoirement être menées sur tout bâtiment ou site de construction établi sur un lieu ou à proximité d’un lieu susceptible de contenir des objets d’importance historique.
Danger pour le troisième lieu saint de l’islam
Selon les responsables arabes et les dignitaires musulmans, les excavations pourraient endommager les fondations du troisième lieu saint de l’islam, qui est aussi un symbole de la fierté nationale palestinienne. Les juifs vénèrent également l’enceinte qui surplombe le mur des Lamentations, où le Premier et le Second Temples ont été construits.
Les responsables des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont pour leur part rencontré les dignitaires et les responsables musulmans le 10 février après les affrontements de la veille sur le Mont du Temple après la prière du vendredi, a confirmé à l’Agence oecuménique ENI un représentant de l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte.
La discussion a essentiellement porté sur la manière de faire protéger et respecter les lieux saints tout en les rendant accessibles à tous ceux qui souhaitent y prier.
Sur son site Internet (www.hoyland-lutherans.org), l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte déplore «un exemple de plus d’acte unilatéral (réd: d’Israël) et inutilement provocateur, en une période chargée de tension en raison des luttes intestines palestiniennes et de la formation possible d’un nouveau gouvernement d’unité nationale». (apic/eni/ag/js/pr)




