Appel au dialogue plutôt qu’à la confrontation

Italie: Le cardinal Martini estime que la famille doit être promue plutôt que défendue

Rome, 18 février 2007 (Apic) Le cardinal Carlo Maria Martini a estimé samedi 17 février que la famille devait être «promue plus que défendue», invitant au dialogue plutôt qu’à la confrontation. Intervenant dans le débat qui agite l’Italie après l’adoption d’un projet de loi en faveur des droits des concubins, l’ancien archevêque de Milan n’a cependant pas voulu s’étendre sur le projet de Pacs à l’italienne vivement dénoncé par l’Eglise catholique.

L’ancien archevêque de Milan, qui célébrait une messe à l’occasion de ses 80 ans dans la maison des exercices spirituels des jésuites à Arricia, près de Rome, a ainsi confié à une poignée de journalistes à l’issue de la messe que la famille était «la cellule de la société». «Elle est donc très importante et il faut tout faire pour pouvoir la promouvoir». C’est, selon lui, le devoir de tous, non seulement de l’Eglise, mais de tous les citoyens.

Interrogé sur les menaces qui pèsent sur la famille, en particulier en Italie, le cardinal a affirmé «ne rien pouvoir dire». «Je vis à Jérusalem», s’est-il ainsi justifié, «là-bas, je prie pour le monde entier, pour l’Italie, et pour tous ce qui s’y passe. Mais je laisse les autorités compétentes accomplir leur devoir».

Les positions nuancées du cardinal jésuite

Le cardinal Carlo Maria Martini, jésuite, ancien archevêque de Milan, a fêté ses 80 ans le 15 février dernier. Il ne fait plus partie, désormais, du collège des électeurs en cas de nouvelle élection pontificale. Installé depuis l’été 2003 une partie de l’année à Jérusalem, il continue cependant à prendre la parole, adoptant parfois une position plus nuancée concernant l’enseignement de l’Eglise en matière de morale ou de doctrine.

Dans une interview publiée dimanche par le quotidien «La Repubblica», le prélat a lancé un appel au dialogue et à la compréhension réciproque dans le débat en cours sur la famille. Président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini s’est opposé à plusieurs reprise au pacte civil de solidarité (Pacs), estimant qu’il était inadapté à la société italienne.

Affirmant pour sa part son opposition à «un statut juridique équivalant à celui de la famille» pour les concubins, hétérosexuels ou homosexuels, l’actuel archevêque de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, a souhaité une «attention pastorale et évangélisatrice» de l’Eglise à l’égard de l’ensemble des couples. Le 17 février, intervenant devant le Conseil pastoral de son diocèse, le cardinal Tettamanzi a ainsi indiqué que l’Eglise devait «chercher de nouvelles formes d’approche et de soutien à l’égard des couples, préférant aussi le dialogue politique plutôt que l’affrontement.

L’Eglise italienne dans l’arène politique

L’Eglise catholique italienne lutte ouvertement contre le projet de loi adopté par le gouvernement le 8 février dernier sur «les droits des personnes vivant en couple». Baptisé ’Dico’ (Diritti dei conviventi, droits des concubins), celui-ci reconnaît les couples homosexuels ainsi que les couples hétérosexuels non mariés et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière d’héritage ou de couverture sociale. (apic/imedia/ami/be)

18 février 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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