Ouverture vers la Suisse alémanique pour un rayonnement national
Fribourg: Le Festival International de Films de Fribourg se tient du 18 au 25 mars 2007
Fribourg, 6 mars 2007 (Apic) Le Festival International de Films de Fribourg (FIFF) tiendra sa 21ème édition du 18 au 25 mars 2007. Cette année, le FIFF va encore accentuer son aspect bilingue, français – allemand, pour prendre davantage pied en Suisse alémanique, sponsors obligent. Ces dernières années, le FIFF a attiré entre 26 et 28’000 spectateurs, mais souhaiterait augmenter son audience au-delà de la Sarine.
La Bernoise Franziska Burkhardt, directrice du FIFF, rappelle que lors de l’édition de l’année dernière, 30% du public étudiant étaient des Alémaniques, venant notamment des gymnases et lycées de Bâle et de Berne. Cette progression est due notamment au sous-titrage en langue allemande pour tous les films en compétition, financé par la Fondation Stanley Thomas Johnson. Cette année également, le FIFF veut promouvoir l’image de Fribourg comme un pont entre les cultures, par le bilinguisme, a insisté Jean-François Giovannini, président sortant du Festival, lors d’une conférence de presse à Fribourg, mardi 6 mars 2007. Il souhaite que le Festival de Fribourg (cf. www.fiff.ch) soit désormais perçu comme un événement national ouvert sur le monde, à Berne, Bâle ou Zurich, et non seulement comme un événement n’intéressant que la Suisse romande.
Jean-François Giovannini, qui sera remplacé dès la prochaine édition par l’ancienne conseillère d’Etat fribourgeoise Ruth Luthi, relève que cette année le Festival réunit fictions et documentaires. «Nous l’avons fait parce que nous voulons mettre sur un même plan ces deux genres, qui ne sont pas si différents dans leur recherche esthétique, dans leur souci de mise en scène de la réalité», a-t-il déclaré. L’édition 2007 – une bonne centaine de films des pays du Sud seront visionnés en compétition et hors compétition – privilégie la recherche de nouvelles formes d’expression, que le film soit de fiction ou un documentaire. «Ce mélange des genres cinématographiques est en fait une suite logique de notre façon d’aborder le cinéma comme expression de la diversité culturelle et de la richesse culturelle du monde», a souligné le président sortant du FIFF.
Franziska Burkhardt a relevé que le centre du Festival sera logé cette année dans l’ancienne gare de Fribourg, qui est toujours en chantier et qui sera ouverte comme centre culturel cet automne. Martial Knaebel, le directeur artistique du FIFF – qui a annoncé mardi à la surprise générale qu’il quitterait ses fonctions au mois de juin prochain après avoir passé 15 ans à la tête du FIFF – , a relevé que comme chaque année, cette édition avait cherché à trouver des films qui traitent de problèmes de société. «Mais sous des formes esthétiques les plus adéquates pour exprimer soit les changements de société soit les évolutions culturelles dans les pays où ils sont réalisés», a-t-il insisté.
Départ du directeur artistique Martial Knaebel
Il a souligné dans ce contexte l’apport du cinéma malaisien, «qui est vraiment en train d’exploser. Il se passe là-bas depuis quelques années quelque chose d’extraordinaire, sans parler de la renaissance du cinéma philippin, qui avait connu une longue éclipse après la mort du réalisateur Lino Brocka». Lino Brocka, auteur notamment du fameux «Bayan Ko» (1984), plaidoyer contre la dictature Marcos, est décédé dans un accident de la route en 1991. «Aujourd’hui, se réjouit-il, un courant de jeunes réalisateurs essaie de renouveler le cinéma de l’archipel».
A l’annonce du départ de son directeur artistique, Jean-François Giovannini a dit son «immense dette de reconnaissance» envers Martial Knaebel, qui l’a remercié pour son engagement, sans lequel le FIFF ne serait pas ce qu’il est devenu. Il a cependant rassuré le public: «Nous allons rebondir après cette décision, nous allons continuer de programmer des défis; face au nombre croissant de festivals en Suisse, il va falloir encore davantage nous profiler».
En choisissant de partir, Martial Knaebel entend permettre à de nouvelles forces et à de nouvelles idées de continuer de développer le Festival International de Films de Fribourg. Sous sa direction, le Festival s’est imposé comme événement culturel majeur, tant en Suisse que sur la scène internationale. JB
Encadré
Les partenaires officiels du FIFF sont la Loterie Romande, la Direction du développement et de la coopération (DDC) de la Confédération, l’Office fédéral de la culture (OFC), Coriolis Promotion, l’Etat et la ville de Fribourg. Les partenaires médias sont La Liberté, la RSR La Première et la Télévision Suisse Romande. JB
Encadré
Transformée en centre culturel, l’ancienne gare de Fribourg ouvrira ses portes au public à la fin de l’été 2007. Le bâtiment comprendra une salle de spectacles, un espace d’exposition, un centre de documentation et des locaux administratifs. Un café culturel situé dans le hall central du bâtiment constituera un espace de rencontres et d’échanges. Le Belluard Bollwerk International, le Festival International de Films de Fribourg (FIFF) et le Nouveau Monde ont uni leurs forces pour concrétiser ce projet d’envergure: offrir à la population une animation variée, 365 jours par année. Les trois associations ont créé l’Association Ancienne Gare pour mener à bien ce projet. JB
Encadré
Treize films concourent pour le Regard d’Or (le Grand Prix du Festival doté par le canton et la ville de Fribourg) et pour le Prix spécial du Jury (doté par SSA et Suissimage). Le Jury international remettra également le Prix Oikocredit à la productrice ou au producteur qui aura permis à une réalisatrice ou à un réalisateur de terminer sa première ou deuxième oeuvre. Le Jury international est composé d’Ana Katz (réalisatrice, Argentine), François Verster (réalisateur, Afrique du Sud), Chris Fujiwara (critique, Japon), Jacqueline Veuve (réalisatrice, Suisse) et Freddie Wong (producteur, Hong Kong SAR). Pour la première fois cette année, le Prix du Public (doté par la Direction du développement et de la coopération) sera décerné par un Jury composé de dix membres tirés au sort parmi cent dix-sept candidatures. Le Jury du Public visionnera les films en compétition dans les séances publiques.
Les autres prix sont : le Prix du Jury oecuménique (doté par Pain pour le prochain et Action de Carême), le Prix FIPRESCI de la Fédération internationale de la presse cinématographique, le Prix E-CHANGER du Jury des jeunes et le Prix Don Quichotte de la Fédération internationale des ciné-clubs FICC. «Daratt – Saison sèche»» (Tchad) ouvrira la 21e édition du Festival International de Films de Fribourg le 18 mars. Le film de Mahamat-Saleh Haroun – présent lors de la cérémonie d’ouverture – relate la relation singulière qui se tisse entre Atim et l’assassin de son père, le boulanger Nassara. La remise des prix aura lieu cette année le samedi 24 mars. Elle sera suivie de la projection de «Mukhsin» de Yasmin Ahmad (Malaisie). Mukhsin passe l’été chez sa famille démunie dans le village où vit l’effrontée Orked. Le temps d’un été, ils vivront leur premier amour, tendre et innocent. JB
Encadré
Le panorama «Au-delà de la liberté: l’identité des réalisateurs sud-africains», concocté par Freddy Ogterop, qui pendant 40 ans a contribué à constituer la collection de plus de 13’000 titres de la Western Cape Provincial Library Service, propose une vue d’ensemble d’une large palette de productions sud-africaines datant des trois dernières années. Cette sélection de films documentaires et de fiction est constituée pour la plupart de longs et moyens métrages tournés grâce à l’engagement et à la persévérance d’une poignée d’individus issus d’un grand nombre de cultures différentes. En reflétant des préoccupations locales d’une manière universelle, la sélection pose la question de la définition de l’identité sud-africaine à partir d’oeuvres toujours pointues, destinée à une grande variété de public. Le FIFF montre également la rétrospective «Taiwan: Histoires de petites gens». Dans toutes les histoires des cinématographies de par le monde, il est des moments cruciaux où les films produits reflètent des changements, plus ou moins radicaux, qui refaçonnent les sociétés.
Cette année, le FIFF s’est intéressé à l’île de Taiwan, aux moments qui ont précédé sa libéralisation politique et, concomitamment, l’éclosion de cette fameuse «Nouvelle Vague» taïwanaise, emmenée par Hou Hsiao-Hsien et Edward Yang. Il s’agit ici d’un cinéma de rupture, ou qui l’annonce, un cinéma qui montre, au travers de fictions, l’évolution inexorable de toute une société. Le panorama «Images de la vie urbaine» part du constat d’ONU HABITAT selon lequel à partir de 2007, les villes compteront plus d’habitants que les campagnes. Le curateur, Thomas Krempke, a sélectionné onze films documentaires et de fiction, parmi lesquels se trouvent deux productions suisses. Ces films nous livrent des petites facettes des mégapoles en pleine expansion, montrent leurs habitants face à la complexité de leur environnement. La plupart des oeuvres sélectionnées reflètent la quête d’une forme, d’un langage qui permette de plonger le spectateur dans l’atmosphère des grandes métropoles et d’en saisir les rythmes en constante mutation. (apic/be)




