Interdit de publication et d’enseignement

Rome: Le Saint-Siège va publier une notification contre le jésuite espagnol Jon Sobrino

Rome, 14 mars 2007 (Apic) La Congrégation pour la doctrine de la foi va publier, le 15 mars, une notification contre les publications du Père Jon Sobrino. C’est ce qu’a confirmé à la presse italienne la curie généralice des jésuites, le 9 mars, suite à la nouvelle rendue publique par le quotidien espagnol El Mundo.

L’archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Sanez Lacalle, a expliqué les raisons de cette condamnation à la presse locale, le 12 mars, après avoir célébré une messe dans sa cathédrale. La notification de la Congrégation pour la doctrine de la foi devrait être datée du 15 mars. Habituellement, une telle notification est rendue publique dans les colonnes de L’Osservatore Romano.

Dans ce texte, le dicastère en charge de la doctrine de l’Eglise devrait demander au jésuite d’origine basque installé depuis de longues années au Salvador, de revoir les conclusions de ses écrits théologiques sur le Christ. «Le Saint-Siège estime que les conclusions des écrits théologiques sur le Christ que le père Sobrino a publiés ne sont pas en accord avec la doctrine de l’Eglise», a expliqué à la presse l’archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Sanez Lacalle. En effet, Jon Sobrino insiste davantage sur la dimension humaine du Christ que sur sa divinité. Dans ses écrits, il présente Jésus comme un acteur impliqué dans des causes sociales et ne parle pas de son rôle rédempteur.

Mgr Fernando Sanez Lacalle a aussi affirmé que le Père Sobrino ne pourra plus, par conséquent «enseigner la théologie dans aucun centre catholique, jusqu’à ce qu’il revoit ses conclusions sur un point fondamental de notre foi: la divinité de Jésus-Christ qui est vraiment le fils de Dieu fait homme». Jon Sobrino sera aussi interdit de publication.

L’archevêque de San Salvador a par ailleurs confié que le Père Sobrino avait déjà reçu différents avertissements de la part du Saint-Siège et que l’ex Saint-Office menait une enquête sur ses écrits depuis plusieurs années. Le père jésuite aurait refusé de les modifier, malgré les explications du dicastère chargé de la doctrine catholique.

Un éminent théologien de la libération

Jon Sobrino a été l’un des théologiens de la libération les plus célèbres d’Amérique latine et jouit encore d’une grande notoriété. Son histoire est liée aux violences qu’a connues le Salvador dans les années 80, en particulier à la mort de l’archevêque de San Salvador Mgr Oscar Arnulfo Romero, assassiné en 1980. Il a enseigné à l’Université d’Amérique centrale durant la guerre civile, dans les années 80, et a échappé, contrairement à six autres jésuites, aux escadrons de la mort en 1988.

Depuis 1965, la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié 11 notifications contre les oeuvres de théologiens non conformes au magistère de l’Eglise. Elle est ainsi intervenue contre Hans Küng en 1975 et en 1980, Jacques Pohier en 1979, Edward Schillebeeckx en 1980, 1984 et 1985, Leonardo Boff en 1985, Charles Curran en 1986, Tissa Balasuriya en 1997, le jésuite Anthony de Mello en 1998, Reinhard Messner en 2000, le jésuite Jacques Dupuis et Marciano Vidal en 2001, et finalement contre le jésuite Roger Haight en 2004.

Le franciscain Leonardo Boff, historien de la théologie de la libération, a pour sa part été en confrontation directe le cardinal Joseph Ratzinger en 1985. Deux documents contre la théologie de la libération ont d’ailleurs été publiés, en 1984 et 1986, par la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont le cardinal Ratzinger était alors préfet. (apic/imedia/ar/bb)

14 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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