A l’écoute du temps présent
Rome: L’Eglise doit apprendre à se faire comprendre, affirme le cardinal Carlo Maria Martini.
Rome, 16 mars 2007 (Apic) L’Eglise doit apprendre à se faire comprendre pour mieux toucher les croyants et les non-croyants. C’est ce qu’a affirmé l’ancien archevêque de Milan, le cardinal Carlo Maria Martini, dans une interview accordée au quotidien italien «La Repubblica», le 16 mars. Aujourd’hui retiré à Jérusalem, le cardinal italien, ancien papable qui vient de fêter ses 80 ans, est ainsi à nouveau intervenu dans le débat qui agite l’Italie sur les ingérences de l’Eglise.
Pour le cardinal Martini, «l’Eglise doit avant tout se faire comprendre en écoutant les gens, leur souffrance, leurs besoins, leurs problèmes, laissant leurs paroles rebondir dans le coeur, laissant les souffrances des gens résonner dans nos paroles». «De cette façon, nos paroles ne sembleront pas tombées d’en haut ou théoriques», a-t-il expliqué, mais seront ancrées dans «ce que vivent les gens». Ainsi, selon lui, les paroles de l’Eglise pourront aussi toucher ceux qui ne pratiquent pas la religion catholique et ceux qui ont une autre religion.
A la question de savoir si l’Eglise se trouve en difficulté face à la société contemporaine, l’ancien archevêque de Milan a souligné que la modernité n’était pas une chose abstraite. «En vérité, nous sommes dedans, chacun de nous est moderne s’il vit authentiquement ce qu’il vit», a-t-il affirmé, ajoutant que «ce n’est pas une question d’époque». «Le problème est d’être vraiment présent aux situations dans lesquelles on vit, d’être à l’écoute, de laisser résonner les paroles des autres à l’intérieur de soi, de les évaluer à la lumière de l’Evangile», a-t-il souligné.
Le cardinal Martini s’est également exprimé à propos de la famille pour laquelle il avait indiqué, le 17 février dernier, la nécessité de la promouvoir plutôt que de la défendre. «Promouvoir la famille signifie souligner qu’il s’agit d’une institution qui a une force intrinsèque qui n’est pas donnée de l’extérieur ou d’on ne sait où. La famille a sa propre force même et il faut que cette force soit mise en relief, et qu’apparaisse ainsi la beauté, la noblesse, l’utilité, la richesse, la pleine satisfaction d’une vraie vie de famille», a-t-il conclu. (apic/imedia/ms/js)




