En Suisse, les Yeniches sont surtout catholiques

Broc : 9ème pèlerinage des Gens du Voyage à Notre-Dame-des-Marches

Broc, 18 mars 2007 (Apic) Samedi 17 mars a eu lieu le 9ème Pèlerinage des Gens du Voyage à Notre-Dame-des-Marches. Une centaine de personnes, venues des différents cantons romands, et même de Suisse alémanique, ont participé à cette fête religieuse. Mgr Norbert Brunner, délégué de la Conférence des évêques suisses pour les migrants et les Gens du Voyage, a présidé la cérémonie au cours de laquelle 8 jeunes ont reçu le sacrement de la confirmation, et un la première communion.

Le pèlerinage aux Marches est la réunion de printemps des Gens du Voyage de la partie francophone du pays, alors que le pèlerinage national a lieu à Einsiedeln au mois d’août. La journée a débuté par la catéchèse pour les confirmands, leurs familles, les parrains et marraines, et pour toute personne intéressée. Ce sont les catéchistes, ainsi que deux prêtres, un diacre et une laïque qui ont assumé le déroulement du rassemblement. La confirmation a été préparée, dans les locaux mis à disposition par les paroisses, par l’aumônier de Mouvement catholique des Gens du Voyage, le Père dominicain Jean-Bernard Dousse, à raison de 1 samedi par mois, de 10h à 14h.

L’abbé Martial Python, curé d’Yverdon et doyen du secteur, a présenté, à la demande des Gens du Voyage, le sens de l’eucharistie et le déroulement de la messe en précisant ce signifie chaque moment et geste effectués dans la célébration. Il a insisté sur le rôle de Marie dans la foi catholique: elle nous donne l’enfant, Jésus venu pour tout homme. En parlant de la liturgie de la parole, il a mis l’accent sur les textes des Psaumes qui décrivent des situations de pauvreté, d’exil, d’injustice, mais où point toujours l’espérance qui vient donner un sens à la vie. Il a aussi rappelé que la chapelle de Notre-Dame-des-Marches est une oasis de fraîcheur pour la rencontre avec Marie. La dévotion mariale est au centre de la foi des Gens du Voyage.

Le chanoine Bernard Colladant, du Grand Saint-Bernard, a réuni les confirmands pour le catéchisme, pendant que le Père Jean-Bernard Dousse confessait les personnes qui le désiraient. Après le repas partagé à l’Abri des Marches, les participants se sont rassemblés près du grand Calvaire pour la marche vers la chapelle, en suivant le Chemin de croix. La messe du pèlerinage qui a conclu la journée, présidée par Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, a permis à une jeune fille de recevoir la première communion, alors que 8 autres jeunes ont été confirmés dans leur foi. A l’issue de la célébration, la traditionnelle bénédiction des familles a été donnée aux participants qui vont bientôt repartir sur les routes de Suisse : Le rendez-vous national à Einsiedeln a été pris, où se réuniront un demi millier de Yéniches de Suisse, mais également quelques autres nomades venus d’Allemagne ou de France (manouches, roms et sintis). Certains nomades sont aussi des fidèles des pèlerinages des Saintes-Maries-de-la-Mer en mai ou de Lourdes en août. JS

L’aumônerie suisse des Gens du Voyage

C’est suite à un fait bien particulier qu’est née cette aumônerie : en 1995 un homme s’était présenté à l’évêché de Fribourg pour demander la confirmation pour des gens de sa famille. Mais il fallait faire vite, car les Gens du Voyage reprenaient la route vers la mi-mars et étaient en chemin jusqu’en novembre. C’est le Père Dousse, alors responsable du catéchuménat des adultes, qui a été chargé de la préparation « en respectant leur rythme ». S’il était d’accord pour raccourcir la préparation, il leur a cependant donné rendez-vous à leur retour, en automne, pour poursuive la catéchèse. Pour le Père Dousse, tout cela a commencé sans acte officiel. En 1999 est né le 1er Pèlerinage des Gens du Voyage, le 1er samedi de mars à Broc, et fin juillet de la même année, le 1er Pèlerinage national à Einsiedeln. L’aumônerie a été reconnue par l’Eglise, comme une paroisse à part entière, en février 2004.

Selon le dominicain fribourgeois, 90% des Gens du Voyage en Suisse sont de religion catholique. Nommé par la Conférence des évêques suisses aumônier national à temps partiel pour les Gens du Voyage, Le Père Jean-Bernard Dousse a privilégié le langage symbolique et les manifestations d’ensemble, en mettant l’accent sur la Vierge Marie, à laquelle les Gens du Voyage manifestent une grande dévotion. Les moyens financiers sont quasi inexistants, et l’Aumônerie doit se débrouiller sur la base du bénévolat. Une quinzaine de personnes travaillent ainsi dans le « conseil pastoral » de l’Aumônerie au niveau suisse.

Les Gens du Voyage en Suisse

En Suisse, les Yéniches sont essentiellement catholiques, même si les évangéliques commencent à faire des adeptes. La grande majorité des 30’000 nomades de Suisse sont devenus sédentaires, mais il y en a encore environ 5’000 qui prennent la route dès la mi-mars jusqu’à la Toussaint. Les déplacements sont souvent difficiles en raison des places officielles ou des campings trop rares qui les acceptent.

Les Yéniches suisses se déplacent en famille et ne cherchent pas des endroits super aménagés ; ils se contentent d’un peu d’eau, de l’électricité, car ils aiment bien être libres. Pour eux, il est nécessaire de s’adapter aux exigences suisses, notamment en matière d’environnement : ils refusent de laisser des places souillées. Ce qui nuit à leur image, c’est l’identification que l’on fait trop souvent avec les Gens du Voyage étrangers qui traversent la Suisse et y laissent de nombreux déchets. Les Yéniches restent en principe en Suisse, où ils vivent de métiers comme le rétamage, le remoulage, ou comme vendeurs forains, colporteurs, restaurateurs de meubles ou vendeurs d’antiquités et de vêtements ou tapis. Le nomadisme fait intégralement partie de leur identité culturelle, en raison de l’exercice de leurs différentes activités professionnelles. (apic/jbe/js)

18 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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