Rome: Message du pape pour la Journée mondiale de l’eau à la FAO
«L’eau n’est pas une marchandise mais un droit inaliénable»
Rome, 22 mars 2007 (Apic) L’eau n’est pas une marchandise mais un droit inaliénable, rappelle le pape Benoît XVI à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau.
«L’accès à l’eau appartient aux droits inaliénables de tous les êtres humains», écrit le pape dans un message adressé à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le 22 mars, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. Son message a été lu par Mgr Renato Volante, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’organisation, durant le congrès organisé au siège de la FAO, à Rome, sur la question des ressources en eau de la planète.
L’accès à l’eau potable est un droit inaliénable «car il est un présupposé pour la réalisation des autres droits de l’homme, comme le droit à la vie, à l’alimentation et à la santé», a écrit le pape. «C’est pour cette raison que l’eau ne peut pas être considérée comme une simple marchandise comme les autres», a-t-il insisté.
«L’eau est une ressource de vie dont l’utilisation est nécessaire pour les cycles vitaux de la planète. Elle est fondamentale pour l’existence même de l’homme», a encore écrit le pape. «L’eau est un bien commun de la famille humaine et est un élément essentiel de la vie», a-t-il insisté. Benoît XVI a ainsi lancé un appel afin que soit promu «l’accès de l’eau à tous et avant tout à ceux qui vivent dans des conditions de pauvreté, tout en garantissant la survie de la planète pour les générations présentes et futures».
L’eau, une responsabilité collective
Il y a «une responsabilité collective» et «un impératif moral et politique du monde qui dispose de niveaux de connaissances et technologiques pour mettre fin à la situation de manque d’eau et à ses conséquences dramatiques», a poursuivi Benoît XVI. S’il a lancé un appel aux dirigeants et aux hommes politiques, le pape n’a pas manqué de rappeler «la responsabilité de chacun, car nous sommes tous appelés à modifier notre mode de vie à travers un effort éducatif capable de restituer à ce bien commun de l’humanité la valeur et le respect qu’il mérite dans notre société».
A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné que plus de 1,6 million de personnes meurent chaque année par manque d’accès à l’eau potable. Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a précisé que 90% de ces morts sont des enfants de moins de 5 ans des pays en développement.
Les problèmes d’approvisionnement en eau devraient augmenter avec les sécheresses et les inondations «de plus en plus fréquentes et graves», a-t-elle encore soulignée. «Il peut en résulter une augmentation des maladies telles que le choléra, la typhoïde, la malaria ou la dengue».
Cri d’alarme des Nations Unies
Les Nations unies ont pour leur part lancé jeudi à Rome un cri d’alarme quant à la situation des ressources en eau de la Terre en soulignant que deux hommes sur trois étaient menacés d’une pénurie d’eau en 2025. Son directeur-général, Jacques Diouf, a souligné la «grave préoccupation» de la FAO devant le fait que 1,2 milliard d’hommes vivaient déjà dans des zones de déficit d’eau, et que 500 autres millions étaient menacés de pénurie à court terme.
Alors que 70% des ressources en eau sont utilisées pour l’agriculture, la baisse généralisée des ressources du fait des changements climatiques et la pollution de très nombreux grands fleuves servant à l’irrigation font peser une menace directe sur l’alimentation des pays du sud, a rappelé le directeur-général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. (apic/imedia/ag/hy/pr)




