Khouloud Ihadeb Deibas veut participer à la construction du pays

Palestine: La ministre du tourisme est chrétienne

Jérusalem, 23 mars 2007 (Apic) La nouvelle ministre du tourisme palestinienne Chulud Daibes-Abu Dajjeh clame avec fierté être née à Bethléem. Elle l’une des deux femmes du cabinet du premier ministre Ismail Hanija, dominé par le Hamas

La nouvelle ministre pose sous les portraits des présidents Yasser Arafat et Mahmud Abbas dans son bureau à Bethléem. Catholique mariée à un protestant, elle est âgée de 41 ans et mère de trois enfants.

«Je passe ma vie entre Beth Jallah et Jérusalem. Mon père vient d’un village du Nord. Mais j’ai grandi à Jérusalem au Mont des Oliviers» explique l’architecte qui a fait ses études à Hanovre. «Mon père a travaillé durant 40 ans comme enseignant à l’école luthérienne de l’Eglise de la Rédemption. C’est là que je suis allée à l’école. Ce ne sont que les trois dernières années de scolarité que j’ai effectuées à Talitha Kumi», exprime-t-elle dans un parfait allemand.

L’identité d’un peuple

C’est en Allemagne qu’elle a soutenu sa thèse de doctorat sur la «conservation du patrimoine culturel palestinien». Elle est retournée à Jérusalem en 1994, quelque temps après la signature des Accords d’Oslo. Comme beaucoup d’autres, elle était euphorique et enthousiaste de pouvoir participer à la construction du futur Etat palestinien. Elle a tout d’abord dirigé le «Centre palestinien pour la conservation du patrimoine historique et culturel» à Bethléem.

La protection des monuments et la conservation des immeubles historiques sont importantes pour l’identité d’un peuple, selon la ministre. Elle a catalogué 50’000 immeubles dans le centre, constructions datant de 1700 à 1950. Tous les immeubles les plus anciens ont sans autre été classés monuments historiques.

Quand le vin disparaît

La ministre parle peu de la situation difficile des chrétiens en Palestine. Elle considère comme insignifiant que des magasins qui vendaient du vin ou de la viande de porc aient fermé leurs portes. Elle rappelle que les chrétiens sont une petite minorité. A Jérusalem il n’y a plus que quelque 30’000 catholiques, protestants et orthodoxes. Nombreux, dit-elle, sont ceux qui sont devenus chômeurs à cause des problèmes dans les branches du tourisme, et qui ont émigré.

Que dans le programme du gouvernement palestinien la liberté de religion ne soit pas mentionnée, mais que le droit islamique, la charia, y soit explicitement mentionné, n’a rien à voir, selon la nouvelle ministre, avec les relations entre les religions.

C’est un fait que les chrétiens sont représentés dans le gouvernement, même si Daibes-Abu Dajjeh est la seule. (apic/kna/gs/js)

23 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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