Intervention du ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège
Rome: Le Vatican critique les attaques du Parlement européen contre l’Eglise
Rome, 24 mars 2007 (Apic) Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a dénoncé les «attaques» du Parlement européen contre l’Eglise, le 23 mars 2007. Le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican intervenait au cours d’un congrès organisé à Rome par la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) pour marquer le 50e anniversaire du Traité de Rome.
«Au cours des deux dernières législatures du Parlement européen, les positions de l’Eglise catholique et du Vatican ont été attaquées presque 30 fois et ont été injustement accusées d’ingérence illégitime dans le domaine européen», a ainsi affirmé Mgr Dominique Mamberti. Il est intervenu quelques minutes à peine après que Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen, ait quitté le congrès.
Souhaitant offrir quelques réflexions sur la dimension économique et sociale européenne, Mgr Mamberti a dénoncé «les résultats très graves et inacceptables d’une recherche qui ne met pas la personne humaine au centre de ses objectifs». Il a regretté un programme européen qui «favorise indirectement la destruction des embryons».
«Une démocratie qui, au lieu de servir la vie humaine, la soumet au vote et appuie celui qui la supprime, semble la proie de la prévarication et de l’intolérance», a encore affirmé le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. A ses yeux, la volonté exprimée par la Commission ou le Parlement européen ne devrait pourtant pas être considérée comme suffisante pour définir ce qui est bon ou mal sur des arguments aussi graves.
Politiciens catholiques en question
Face à ces questions, a indiqué Mgr Mamberti, les catholiques engagés dans le domaine public devraient être conscients que la signification même de leur activité politique et de l’avenir de l’Europe sont en jeu. Le diplomate a alors invité les chrétiens engagés dans le domaine public a être «pleinement cohérents avec leur foi», à considérer comme prioritaire dans leur engagement «la défense de la vie, de sa conception à la mort naturelle, et la défense de la structure familiale, en tant qu’union entre un homme et une femme, fondée sur le mariage».
Le diplomate du Saint-Siège a par ailleurs regretté qu’un Européen sur six vive encore sous le seuil de pauvreté, dénonçant également les injustices et les antagonismes provoqués par la course aux sources d’énergie. Mgr Mamberti a aussi déploré la dénatalité croissante sur le vieux continent, pressant les institutions politiques et économiques à «remettre en cause un style de vie consumériste et hédoniste» ainsi qu’à soutenir les familles.
Mgr Mamberti est intervenu en présence de représentants des 23 Conférences épiscopales européennes au cours du congrès de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE). Ce congrès, qui marque le 50e anniversaire de la signature des Traités de Rome qui ont institué les communautés européennes, est axé autour des «valeurs et perspectives pour l’Europe de demain».
Le 24 mars, Benoît XVI accorde une audience aux participants au congrès. Dans l’après-midi, un texte intitulé «Message de Rome» sera proclamé. Ce texte sera confié au président du Conseil italien Romano Prodi, qui le communiquera ensuite au Conseil européen réuni à Berlin le 25 mars pour l’anniversaire du Traité de Rome.
Dans un projet de ce message, les participants au congrès soulignent le bilan positif mais regrettent entre autres les nationalismes égoïstes et les nouveaux dangers qui menacent l’Europe. Le congrès prendra fin le 25 mars avec l’angélus du pape place Saint-Pierre. (apic/imedia/ami/be)




