Les guides religieux fortement opposés
Sénégal: Vive polémique autour d’un projet de loi sur la parité homme/femme
Dakar, 28 mars 2007 (Apic) Une vive polémique a éclaté au Sénégal autour de la parité homme/femme. Le gouvernement a saisi le parlement d’un projet de loi obligeant les partis politiques à inscrire 60 femmes sur leurs listes de candidats aux élections législatives, prévues pour le 3 juin.
En outre, le 23 mars, environ deux milles femmes intellectuelles de 17 formations politiques et d’organisations de la société civile, conduites par la ministre en charge des questions de la femme, Aïda Mbodj, ont remis au président Abdoulaye Wade un mémorandum. Elles réclament, dans ce cahier de doléances, le vote de la loi sur la parité homme/femme.
Immédiatement après, l’Association des Guides religieux du Sénégal (AGRS) a dénoncé cette manifestation et le projet de l’Etat soumis au vote, cette semaine, des députés. Pour le président de l’association, Serigne Modou Bousso Dieng, «seule la compétence doit déterminer le choix» des femmes dans les postes de responsabilité. La parité réclamée par les femmes intellectuelles du pays, n’est «pas conforme aux réalités» sénégalaises, a-t-il ajouté. Selon lui, ces groupes des de femmes qui battent pour l’égalité des sexes sont «une petite portion qui ne représente pas grand-chose par rapport aux six millions de Sénégalaises». Cette portion «n’est donc pas habilitée à parler au nom de la majorité des Sénégalaises».
«Les hommes sont les chefs de famille»
El hadj Omar Guèye, directeur général de l’Institut islamique de la grande mosquée de Dakar, a lui aussi estimé qu’il n’est pas juste pas de vouloir imposer la parité aux hommes. «Les hommes gèrent les femmes. Ils sont aussi les chefs de famille, mais cela ne veut pas dire que les hommes ont des obligations que les femmes n’ont pas, ni que les deux sont égaux en tout», a-t-il ajouté.
En revanche, l’abbé Jacques Seck, aumônier des malades à l’archidiocèse de Dakar, s’est dit favorable à l’égalité entre homme et femme en politique. «Mais il faudrait que les deux aient une éducation politique sérieuse pour éviter d’envoyer à l’assemblée nationale n’importe quelle femme», a-t-il souligné. (apic/ibc/bb)




