Pourparlers à La Havane
Colombie: L’Eglise catholique se réunit avec la guérilla de l’ELN
Bogota, 11 avril 2007 (Apic) L’Eglise catholique de Colombie a accepté l’invitation de l’ELN (Armée de libération nationale) de se réunir à La Havane afin d’entendre ses arguments. Il s’agit d’une rencontre en préalable à la sixième ronde de dialogues formels entre ce groupe de la guérilla, la seconde faction rebelle de Colombie, et le gouvernement colombien. La «Table ronde de dialogue» s’ouvre une nouvelle fois le 12 avril à Cuba.
La Conférence épiscopale de Colombie (CEC) a envoyé pour cette rencontre Mgr Jaime Prieto Amaya, évêque de Barrancabermeja, Mgr Leonardo Gomez Serna, évêque de Magangue, Mgr Fabian Marulanda Lopez, secrétaire général de la CEC, ainsi que le Père Dario Echeverri, secrétaire général de la Commission de Conciliation Nacionale (CCN).
La présence des évêques colombiens dans la capitale cubaine a pour but de susciter un climat de confiance entre les parties, afin de faire diminuer les tensions et de contribuer au développement du dialogue entre l’ELN et le gouvernement, selon un communiqué de la Conférence épiscopale colombienne publié le mardi 10 avril à Bogota.
Dans une lettre adressée le 3 avril au Commandement central de l’ELN, le président de la CEC, Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, a réaffirmé la disponibilité de l’Eglise catholique à jouer le rôle de facilitateur, rapportent le Département de communication sociale de la CEC et la Commission de Conciliation Nationale.
D’autre part, la CEC relève que les récentes menaces contre des institutions catholiques, des mouvements indigènes et de défense des droits de l’homme sur la Côte pacifique de la Colombie entravent le travail de l’Eglise. Ces intimidations interfèrent de plus en plus avec l’engagement de l’Eglise en faveur des droits de l’homme.
Les évêques dénoncent ainsi l’augmentation des «assassinats sélectifs», des disparitions, des massacres, des déplacements de populations et des menaces qui sèment une terreur généralisée parmi la population de certaines régions de la Côte pacifique. La CEC a reçu des menaces par courrier électronique d’un groupe s’appelant «New Generation». Elle déplore que le gouvernement de Bogota ne veuille rien savoir à ce propos ni reconnaître l’existence des attaques contre les gens et les institutions dans ces régions de Colombie. (apic/cec/cns/be)




