Deux ans après son élection

Rome: Les vaticanistes italiens dressent un panorama du pontificat de Benoît XVI

Rome, 12 avril 2007 (Apic) Alors que Benoît XVI s’apprête à fêter, le 16 avril 2007, le deuxième anniversaire de son élection, l’hebdomadaire Famiglia cristiana, daté du 15 avril, a recueilli le sentiment de 15 vaticanistes sur le pontificat et la personnalité du pape.

Fidèle successeur de Jean Paul II, Benoît XVI a imposé avec douceur l’image d’un pape plus pastoral que politique, «à écouter plutôt qu’à regarder», estiment les vaticanistes. Celui que les Italiens appellent «le pape Ratzinger» souhaite renforcer l’Eglise de l’intérieur, et tourner les croyants vers l’essentiel : le Christ.

Ainsi, après deux ans de pontificat, Benoît XVI apparaît toujours comme un pape en «continuité» avec Jean Paul II, estime le journaliste Luigi Accattoli, du quotidien Corriere della sera. Une «responsabilité que personne n’aurait voulu accepter», précise le Père Antonio Pelayo, de la télévision espagnole Antena 3, si ce n’est le «collaborateur parfait» qu’il avait été pendant plus de 20 ans.

Le cardinal allemand qui portait la «réputation vraiment imméritée» d’homme «intransigeant et anti-moderne», apparaît aujourd’hui «plus comme un frère que comme un père», estime Carlo di Cicco, de l’agence de presse italienne Asca. Un homme «doté d’une extraordinaire intelligence, d’une préparation théologique hors pair et d’une bonté qui est devenue sa caractéristique la plus visible», ajoute Antonio Pelayo.

Pour certains, son pontificat apparaît «influent et non autoritaire». Peu à peu, Benoît XVI travaille au renforcement de l’Eglise de l’intérieur. «L’impression est que le pape Ratzinger maintient une grande sérénité, et travaille de manière attentive et discrète à ce qui semble être sa préoccupation majeure : mettre à la tête des diocèses du monde entier des personnes de foi, préparées et capables», estime Marco Tosatti, du quotidien La Stampa. En choisissant ainsi «avec soin la classe dirigeante de l’Eglise dans le monde», Benoît XVI «s’est constitué une équipe de confiance qui partage ses priorités pastorales», continue Giovanna Chirri, de l’agence de presse Ansa.

Ainsi, si «le pape reçoit moins les autorités politiques et les diplomates», c’est pour donner plus de temps aux rencontres avec les évêques, à la préparation des catéchèses et homélies, souligne encore Luigi Accattoli. «Si, du temps de Jean Paul II, la foule arrivait au Vatican pour ’voir’ le pape, aujourd’hui, elle se rend à Saint-Pierre surtout pour ’écouter’ Benoît XVI».

«Le pontificat actuel est marqué par la prédication plus que par l’action de gouvernement que Benoît XVI semble vouloir exercer avec une certaine parcimonie», explique quant à elle Franca Giansoldati, du quotidien Il Messaggero. «Peu de voyages, des sorties publiques limitées». Dans le privé, Benoît XVI a conservé du temps «pour l’étude et l’écriture, les promenades dans le jardin».

D’où l’impression que «tout semble encore en transition», souligne Marco Politi, de La Repubblica, qui regrette ce manque «d’actes de gouvernement». «C’est probablement nécessaire, mais on a l’impression d’une navigation extrêmement lente», affirme-t-il. «Celui qui s’attendait à une révolution dans la curie semble déçu», estime quant à elle Franca Giansoldati. «Ce qui intéresse le pape Ratzinger est une autre révolution», celle qui se trouve «dans les coeurs».

Benoît XVI cherche non seulement à toucher le coeur mais aussi l’intelligence des fidèles. «Il s’est fait catéchiste. Un vrai catéchiste, donnant presque aux mots un sens nouveau, invitant les croyants à toujours revenir aux racines de leur propre foi, pour chercher en elle les réponses, même les plus difficiles, aux défis du monde», explique Salvatore Mazza, du quotidien de la conférence épiscopale italienne Avvenire.

Le pape théologien a ainsi placé la prédication au centre de sa mission. Pour certains, il cherche à faire «redécouvrir à l’homme contemporain, distrait et désorienté, la clé d’une joie véritable, non éphémère». Pour Benoît XVI, «le centre est et doit rester le Dieu de Jésus-Christ qui est un Dieu d’amour. Les plus belles paroles et les plus profondes méditations, Benoît XVI les a réservées à Dieu», souligne enfin Carlo di Cicco. (apic/imedia/ms/be)

12 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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