Tensions entre le patriarche d’Antioche et le Synode des évêques

Rome: Benoît XVI tente de résoudre les problèmes de l’Eglise syro-catholique

Rome, 29 avril 2007 (Apic) Benoît XVI a convoqué au Vatican, du 26 au 28 avril, un «Synode extraordinaire» de l’Eglise syro-catholique, a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège au dernier jour de la rencontre. Le pape a ainsi souhaité trouver une solution aux problèmes et aux difficultés rencontrés par cette Eglise de quelque 130’000 fidèles.

La crise qui tourmente ce petit troupeau de catholiques de rite oriental, a appris l’agence I.MEDIA, concerne essentiellement des dissensions entre le patriarche Ignace Pierre VIII et le Synode des évêques.

En recevant en audience les évêques syro-catholiques, le 28 avril, Benoît XVI a ainsi indiqué avoir été «poussé à convoquer» ce Synode extraordinaire par son «souci de toutes les Eglises». Présidée pendant deux jours par le secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, cette rencontre visait, selon le pape, à «raviver toujours plus intensément les liens séculaires» qui existent entre Rome et cette Eglise. Cette initiative, a-t-il ajouté, souhaitait aussi «manifester l’estime et le souci que nourrit l’évêque de Rome pour chacun d’entre (eux), pasteurs d’une portion du peuple de Dieu qui n’est pas grande mais qui est ancienne et significative».

Devant les prélats orientaux, le pape a rappelé les origines de l’Eglise et la situation des premiers chrétiens pour qui «n’ont manqué ni l’hostilité ni les persécutions venues du dehors, ni les risques de tensions et d’oppositions à l’intérieur même des communautés». Benoît XVI a surtout rappelé que l’Eglise primitive avait su «conserver et faire grandir le trésor précieux de l’unité et de la communion, au-delà des différences de personnes, de langues et de cultures». Il a ensuite relevé que les évêques étaient «conscients des difficultés qui les ont préoccupés durant toutes ces années» et qu’ils cherchent désormais «à surmonter». Le pape leur a alors demandé «un témoignage clair de fraternité».

Violences au Moyen-Orient

Benoît XVI a aussi rappelé les «défis que doivent affronter les communautés chrétiennes dans toutes les parties du monde, alors que des dangers et des pièges nombreux risquent de masquer les valeurs de l’Evangile». Concernant l’Eglise syro-catholique, il a évoqué «les violences et les conflits» que vivent les fidèles au Moyen-Orient, leur demandant d’offrir «un exemple lumineux d’unité dans un monde morcelé et divisé». Après avoir souligné le «rôle particulier» des Eglises orientales catholiques en matière d’oecuménisme, le pape a aussi rappelé les «exigences dictées par le dialogue interreligieux».

Dans un communiqué, le Bureau de presse du Saint-Siège a précisé par ailleurs que les travaux de cette rencontre, «dans un climat de fraternité, de franchise et de sollicitude pour le bien de l’Eglise», avaient permis au pape «de recueillir de nombreux éléments utiles afin de prendre les décisions nécessaires pour aider cette Eglise à dépasser les difficultés actuelles». En milieu de journée, le 28 avril, Benoît XVI a ensuite déjeuné avec les participants au Synode extraordinaire de l’Eglise syro-catholique.

Comme chacune des Eglises catholiques orientales, l’Eglise syro-catholique dispose d’un patriarche et d’un Synode. Cette petite communauté est l’une de ces Eglises orientales qui, à travers les siècles, se sont détachées de l’orthodoxie pour s’unir à Rome en reconnaissant la primauté du pape, tout en conservant leur tradition liturgique propre.

Séparation lors du Concile de Séleucie-Ctesifonte

Ainsi, l’Eglise syrienne orientale s’était séparée de l’Eglise catholique lors du Concile de Séleucie-Ctesifonte en 410 après JC, en adoptant la doctrine du nestorianisme selon laquelle le Christ-homme et le Christ-Dieu étaient deux personnes distinctes. Mais, en 1782, le patriarche de l’Eglise syrienne orthodoxe Michel Jarwey d’Alep s’était déclaré catholique et avait ainsi donné naissance à l’Eglise Syrienne Catholique, ou Eglise syro-catholique.

Ignace Pierre VIII, le patriarche d’Antioche des Syro-catholiques, élu selon la tradition par le Synode des évêques de cette Eglise, a été reconnu par Jean Paul II qui lui a concédé la communion ecclésiastique le 20 février 2001. Il succédait au patriarche Ignace Moussa I Daoud qui avait été nommé préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales. Le siège du patriarche, d’abord installé à Alep, a été déplacé à Beyrouth en 1920.

L’Eglise syro-catholique est essentiellement présente en Iraq, en Syrie et au Liban. Elle compte aujourd’hui quelque 130’000 fidèles et a beaucoup souffert des massacres perpétrés contre les chrétiens en Turquie à la fin de la Première guerre mondiale.

En juillet 2004, Jean Paul II avait nommé Mgr Edmond Farhat, nonce apostolique en Turquie, visiteur apostolique auprès du patriarcat syro-catholique d’Antioche. C’est déjà en raison de problèmes au sein du Synode des évêques de cette Eglise qu’un investigateur avait alors été envoyé par le Vatican auprès du patriarcat, à Beyrouth. (apic/imedia/ami/bb)

29 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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