Irak: Les leaders irakiens accusés d’être indifférents à la présence chrétienne

Les chrétiens d’Irak «en voie d’extinction»

Ankawa/Kurdistan, 3 mai 2007 (Apic) Si les chrétiens d’Irak sont «en voie d’extinction» en Mésopotamie, ce n’est pas seulement la faute des terroristes et des fanatiques. C’est également celle des responsables politiques irakiens, indifférents à une présence chrétienne bimillénaire dans le pays, dénonce le recteur du grand séminaire d’Ankawa, au Kurdistan.

Depuis l’invasion américaine de l’Irak, en 2003, le nombre des chrétiens vivant entre le Tigre et l’Euphrate a plus que diminué de moitié, selon la nonciature à Bagdad. Ainsi, il ne resterait plus que 200 à 300’000 fidèles appartenant aux diverses Eglises chrétiennes du pays.

Le Père Bachar Warda est un rédemptoriste qui a la charge du grand séminaire Saint-Pierre récemment transféré – pour des raisons de sécurité – de Bagdad à Ankawa, dans la banlieue d’Arbil (Irbil), au Kurdistan. Les chrétiens, affirme-t-il, se sentent de plus en plus marginalisés et abandonnés par les autorités irakiennes retranchées à Bagdad. Le prêtre irakien demandent qu’elles s’engagent pour une cohabitation pacifique dans le pays, en prenant en particulier la défense des minorités sans défense et «sans voix».

Une «véritable campagne de persécution» vise les chrétiens irakiens

La semaine dernière, Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk et président du Comité pour le dialogue interreligieux du Conseil des Eglises catholiques en Irak, a publié une déclaration sur la «tragique situation des chrétiens à Bagdad». Les évêques parlent d’une «véritable campagne de persécution» visant les chrétiens irakiens. Le message du Père Warda arrive à la veille du sommet de Sharm el-Sheikh, les 3 et 4 mai, au cours duquel la communauté internationale devrait discuter de plans concernant l’avenir de l’Irak

Le religieux irakien critique une «démocratie» devenue la plus simple expression de la majorité de la population – les chiites – et violant «systématiquement les droits de la minorité». Il dénonce les aspects les plus graves qui touchent la minorité chrétienne, notamment «l’augmentation dramatique du chômage, les confiscations arbitraires des propriétés des familles chrétiennes à Bagdad et à Mossoul, les violations de la liberté religieuse et de la liberté de pensée, les viols, les attentats et les menaces de type confessionnel».

Face à ces sombres réalités, le Père Bachar Warda se demande pourquoi personne n’est intervenu pendant toutes ces années. «La réponse est simple: l’indifférence des responsables irakiens, qui ne reconnaissent pas notre appartenance à cette patrie, notre participation humaine et intellectuelle au progrès du pays, comme Irakiens, ensemble avec toutes les autres communautés religieuses qui y habitent».

Et de déplorer qu’ils profitent des chrétiens «parce que nous ne jouissons de l’appui d’aucune force extérieure, parce que nous ne possédons pas notre propre milice, et ils savent que l’unique chose que nous pouvons faire est de lancer des appels et de faire des dénonciations. Ainsi va la politique, désormais convaincue que notre communauté est destinée à disparaître dans peu d’années».

Selon la nonciature apostolique à Bagdad, affirme l’agence de presse catholique AsiaNews, s’il n’y a pas de chiffres exacts, les chrétiens ne seraient plus que 200 à 300’000, alors qu’ils étaient près d’un million avant l’invasion. La majorité des chrétiens qui n’ont pas trouvé refuge à l’extérieur du pays se sont rendus au Kurdistan, où ils pensaient au début ne rester que pour un laps de temps. Mais étant donné les sombres perspectives en Irak, nombreux sont ceux qui en font l’étape de leur émigration vers l’Europe et les Amériques. (apic/asian/be)

3 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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