Suisse: Jeux olympiques de Pékin 2008: une chance pour les droits humains

Embargo : vendredi 4 mai à 11h30

Campagne d’Amnesty International pour les droits humains

Locarno/Lausanne, 4 mai 2007. Peine de mort, «camps de rééducation», censure sur Internet ne sont que quelques-unes des violations massives des droits humains qui sont quotidiennes en Chine. 14 mois avant les Jeux olympiques de Pékin, la Section suisse d’Amnesty International lance à Locarno la campagne «Pékin 2008 : un podium pour les droits humains». Cette campagne réclame l’amélioration de la situation des droits humains dans ce pays d’ici aux Jeux olympiques.

En lançant une campagne mondiale avant les Jeux olympiques de Pékin, Amnesty International cherche à obtenir des réformes concrètes dans quatre domaines : un plus grand respect des défenseurs et défenseuses des droits humains, la fin de la censure sur Internet, la fermeture des «camps de rééducation» et l’abolition de la peine de mort. Le Comité chinois de candidature a promis en 2001 que le choix de Pékin pour accueillir les Jeux olympiques de 2008 contribuerait au développement des droits humains en Chine, a déclaré aujourd’hui à Locarno Christine Heller, coordinatrice de la campagne Chine pour la Section suisse d’Amnesty International.

Amnesty International prend les autorités chinoises au mot et exige qu’elles tiennent leur promesse. Aujourd’hui, aucun changement n’est perceptible, a insisté Christine Heller. «Au contraire: sous le prétexte des préparatifs des Jeux, les droits humains sont massivement violés. Ye Guogzhu, par exemple, a été condamné en décembre 2004 à quatre ans de prison, simplement pour avoir organisé une manifestation pacifique contre les déplacements de population en lien avec les Jeux.»

Droits humains toujours bafoués en Chine

Des centaines de milliers de personnes sont détenues dans des «centres de rééducation». Depuis des mois, le gouvernement de Pékin s’efforce de «nettoyer» la ville pour les JO : sans-abri, mendiants ou vendeurs de rue sont arrêtés et peuvent être détenus sans inculpation jusqu’à trois ans dans ces «centres de rééducation».

«Il y a trois ou quatre ans, j’ai cru qu’Internet allait démocratiser la Chine», a expliqué Cai Chongguo, dissident chinois et professeur de philosophie, lors de la conférence de presse. Mais aujourd’hui, il est convaincu qu’Internet est devenu un instrument de contrôle de la population. Plus de 30’000 policiers surveillent Internet en permanence. Des centaines de pages d’Internet – dont celles d’Amnesty International – sont bloquées en Chine. Des multinationales comme Yahoo, Google et Microsoft aident les autorités chinoises à censurer Internet.

Selon les statistiques sur la peine de mort publiées il y a quelques jours par Amnesty International, la Chine est le pays qui exécute le plus grand nombre de personnes. Au moins 1’010 personnes ont été exécutées en 2006, d’après les recherches d’Amnesty International, mais ce nombre pourrait en réalité s’élever à 8’000, selon des sources fiables.

Pas de boycott des JO

Malgré ce bilan effrayant en matière de droits humains, Amnesty International n’appelle pas au boycott des Jeux olympiques de Pékin. «Nous sommes convaincus que les ces Jeux peuvent être encore une chance importante pour attirer l’attention sur les droits humains», a expliqué Daniel Bolomey, le Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International. Si des progrès substantiels ne sont pas réalisés avant les Jeux, les autorités chinoises doivent craindre que le thème des droits humains soit constamment présent lors des Jeux et qu’il vole le podium aux performances sportives. (apic/com/js)

3 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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