Des propositions précises en faveur des pays endettés
Italie: Des cardinaux demandent au G8 un engagement concret contre la pauvreté
Rome, 4 mai 2007 (Apic) Le président du Conseil italien Romano Prodi a reçu jeudi 3 mai l’initiative contre la pauvreté, émanant d’une délégation de 11 cardinaux et évêques de plusieurs pays. C’est le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras), qui lui a remis, au nom de la délégation, le document élaboré en vue du G8 qui se tiendra en juin prochain en Allemagne.
Ce document, qui sera présenté au public vendredi 4 mai, contient trois orientations précises afin de placer au centre du sommet la question du retard des pays pauvres et le rôle des pays riches: aide au développement, annulation de la dette et lutte contre la corruption.
En matière d’aide au développement, le document demande aux gouvernements des pays les plus industrialisés de maintenir les engagements pris et de chercher de nouvelles ressources pour la coopération. En ce qui concerne l’annulation de la dette, il est demandé d’élaborer de nouvelles stratégies pour résoudre la crise de la dette. Enfin, l’importance de la lutte contre la corruption est considérée fondamentale dans la gestion des aides ainsi que la promotion de la transparence économique et financière.
Romano Prodi se veut rassurant
«Nous sommes prêts à maintenir les engagements pris dans le passé, mais ce n’est pas le moment d’en prendre de nouveaux», a dit Prodi en répondant au cardinal Maradiaga. «J’ai beaucoup apprécié les sollicitations avancées par la délégation et je suis conscient de la position particulière de l’Italie, le pays le plus en retard avec l’objectif de destiner 0,7% du PIB aux aides au développement. Mais au fil des ans l’Italie a toutefois joué un rôle important dans l’annulation de la dette ; la corruption est un problème qui afflige autant le Nord que le Sud du monde, invalidant les efforts entrepris pour la croissance des pays pauvres», a ajouté le président du Conseil italien.
Trop de lenteurs dans la concrétisation des mesures
«L’attention dont le président Prodi a fait preuve a donné un signal positif», a commenté Sergio Marelli, directeur général des Volontaires dans le monde (Focsiv), qui a accompagné les cardinaux dans leur visite au premier ministre. «Il n’y a aucune raison de douter de la véridicité des déclarations de M. Prodi malgré les faits qui sont évidents: l’aide au développement est bloquée à 0,2% du PIB, moins d’un tiers de la somme prévue (.). L’Italie est encore insolvable auprès du Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria; une dette qui pèse négativement sur la crédibilité italienne sur la scène internationale. L’application de la loi sur l’annulation de la dette n’avance pas au rythme prévu et à propos de la lutte contre la corruption, l’Italie est le seul pays européen n’ayant pas encore souscrit la Convention pour la lutte contre la corruption dans le cadre de l’ONU». La délégation des cardinaux qui participera au sommet du G8 est notamment composée de l’archevêque Vincent Michael Concessao de Delhi (Inde), de celui d’Abuja (Nigeria) John Olorunfemi Onaiyekan et de Mgr Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani. (apic/misna/js)




