Remous autour de certaines affirmations de Benoît XVI

Aparecida: Le pape a écrit une nouvelle page de l’histoire de l’Eglise, estime l’OR

Rome, 15 mai 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a écrit «une page d’histoire de l’Eglise» dans son discours à Aparecida, au Brésil, le 13 mai 2007, pour l’ouverture de la 5e Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, estime le quotidien du Saint-Siège, «L’Osservatore romano», dans son éditorial de l’édition du 16 mai. Les affirmations du pape sur le catholicisme en Amérique latine font pourtant des remous.

L’article, intitulé «Benoît XVI a éclairé la nuit d’un monde plein de vide et de peur», est signé par Giampaolo Mattei.

«Benoît XVI a remis à chaque personne d’Amérique latine, à chaque homme dans chaque partie du monde, un fort message de vérité et d’espérance qui est un phare qui illumine la nuit d’un monde plein de vide et de peur», a estimé le journal du Vatican. Le pape a indiqué «paternellement et avec clarté les points fermes et fondamentaux d’un programme pastoral ancré dans l’aujourd’hui et projeté vers demain», a-t-il insisté.

Le quotidien du Saint-Siège a comparé le message de Benoît XVI à Aparecida «à l’esprit irrésistible des débuts de la mission, il y a 2000 ans, c’est-à-dire aux toutes premières lettres d’encouragement, de confirmation dans la foi, de dynamisme missionnaire incandescent». «A Aparecida, on a touché de la main, on a respiré à plein poumon la ferveur de ces premières communautés réunies autour de Pierre», écrit-il estimé. «Voilà la grande annonce de Pierre. L’Eglise entière vit aujourd’hui sa propre mission avec une conscience encore plus joyeuse».

Satisfaction

Dans son éditorial, Giampaolo Mattei a encore souligné «l’extraordinaire richesse» du voyage apostolique de Benoît XVI au Brésil du 9 au 14 mai dernier. Pour sa part, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a confié, le 13 mai, au journal italien La discussione, que le pape était «très content» de son déplacement. «Il a très bien supporté les fatigues du voyage, un voyage qu’il a centré sur les objectifs qu’il s’était fixés».

Le 14 mai, des dirigeants d’Amérique du sud et des intellectuels ont protesté contre certains points du discours du pape à Aparecida. Benoît XVI y a en effet affirmé que le catholicisme n’avait pas été imposé sur le continent.

Controverse

Il a jugé que les populations d’Amérique latine avaient accueilli le Christ, «le Dieu méconnu que leurs ancêtres, sans le savoir, cherchaient dans leurs traditions religieuses riches». A ses yeux, l’annonce de l’Evangile, dès la colonisation du continent, «n’a comporté en aucun cas une aliénation des cultures précolombiennes et ne fut pas non plus l’imposition d’une culture étrangère».

La théologienne Cecilia Domevi, une des responsables de la Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes pour les questions des Amérindiens, a ainsi exprimé son «total désaccord» avec le pape. «L’évangélisation a été une imposition ambiguë, violente, un choc de cultures, qui a causé un préjudice total aux Indiens», a-t-elle déclaré à l’AFP.

Quant à Felix Patzi, ancien ministre de l’Education du gouvernement du président socialiste bolivien Evo Morales, il a estimé que Benoît XVI avait une «vision bornée» et que son discours était «faux», car «nous savons très bien que tout cela a été imposé et que l’époque coloniale a été faite d’inquisition et de destruction».

En 1992, lors de la 4e Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes à Saint-Domingue, Jean Paul II avait fait acte de repentance pour les exactions commises au nom de la religion pendant la colonisation européenne du continent. (apic/imedia/ar/pr)

15 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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