Les collaborateurs du pape ont retiré certaines de ses expressions
Rome: Correction des propos de Benoît XVI dans l’avion qui le menait au Brésil
Rome, 16 mai 2007 (Apic) Après la conférence de presse de Benoît XVI dans l’avion qui le menait au Brésil le 9 mai, L’Osservatore Romano et le Bureau de presse du Saint-Siège ont publié un texte corrigé de cette intervention. Les corrections essentielles portent sur trois points délicats: le processus de béatification de Mgr Romero, la théologie de la libération et la question de l’avortement au Mexique.
A bord de l’avion le conduisant au Brésil, le 9 mai dernier, le pape avait répondu librement aux questions des journalistes au cours d’une conférence de presse de plus de 25 minutes. Il avait, entre autres, souligné que l’avortement était incompatible avec la communion eucharistique et avait évoqué l’excommunication par les évêques du Mexique de certains parlementaires ayant voté en faveur de l’avortement. Il s’était aussi exprimé sur la théologie de libération et sur le défi des sectes en Amérique latine.
Selon l’habitude, la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a corrigé les erreurs grammaticales et de formulation en italien du pape allemand. Plus d’une soixantaine de passages de la longue intervention improvisée de Benoît XVI ont ainsi été revus. Mais, parfois, les collaborateurs du pape ont été jusqu’à retirer certaines de ses expressions et à lui en attribuer d’autres.
Au regard des propos tenus à bord de l’avion par Benoît XVI, trois corrections plus conséquentes attirent aussi l’attention. Interrogé par I.MEDIA sur la figure de Mgr Oscar Romero, l’archevêque de San Salvador assassiné en 1980 alors qu’il célébrait la messe, Benoît XVI l’a qualifié de «grand témoin de la foi». Si le Saint-Siège a bien rapporté les propos du pape concernant la récupération politique de Mgr Romero – «certains groupes politiques ont voulu en faire leur porte-drapeaux» – il n’a cependant pas retranscrit la phrase suivante: «Je ne doute pas que lui-même mérite d’être béatifié, mais nous devons considérer le contexte».
Dans l’avion, le pape a aussi reconnu ne pas avoir d’informations récentes venant de la Congrégation pour la cause des saints sur le cas de l’archevêque salvadorien. «Je n’ai pas les dernières informations sur le travail de la congrégation compétente», a-t-il ainsi déclaré. Dans la version officielle de l’interview publiée par le Saint-Siège, cette phrase est devenue: «Après les dernières informations.»
Pas d’allusion à l’indigénisme
La deuxième correction significative concerne la théologie de la libération et l’évolution des théologiens issus de ce courant politico-religieux né au coeur des années 1970 en Amérique latine. Benoît XVI a évoqué l’apparition plus récente du «problème de l’indigénisme». Cette allusion au mouvement politico-culturel qui se soucie du sort des populations indiennes du continent latino-américain a disparu de l’interview officielle.
Enfin, suite à la récente libéralisation de l’avortement dans l’Etat de Mexico, Benoît XVI a répondu à une question sur l’excommunication prononcée par des évêques du pays contre les parlementaires auteurs de cette loi. «Etes-vous d’accord avec cette excommunication?», a demandé le journaliste auteur de la question. «Oui, cette excommunication n’est pas une chose arbitraire, elle est prévue par le code (de droit canon, ndlr)», a alors répondu le pape. Dans la version officielle de l’interview, le début de la réponse est devenu: «L’excommunication n’est pas une chose arbitraire.». Juste après l’intervention du pape, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a d’ailleurs précisé aux journalistes que Benoît XVI n’avait pas parlé d’»excommunication formelle», mais que son intention avait seulement été d’»appuyer» les évêques mexicains. (apic/imedia/ami/bb)




