Les négations du riche propriétaire foncier

Brésil: Ouverture du procès du commanditaire de l’assassinat de Soeur Dorothy

Brasilia, 17 mai 2007 (Apic) Le procès du propriétaire foncier brésilien Vitalmiro Bastos Moura, dit «Bida», accusé d’être le commanditaire de l’assassinat de Soeur Dorothy Mae Stangm, s’est ouvert à Belém, au Brésil.

La missionnaire américaine a été tuée le 12 février 2005 dans l’État amazonien du Pará en raison de son engagement auprès des paysans «sans terre» contre la dévastation de l’Amazonie.

Selon des sources religieuses locales citées par Misna, lors de la première journée d’audience, l’accusé a dans l’ensemble rejeté toute accusation, démentant les dépositions de deux tueurs, déjà condamnés, qui ont avoué avoir été payés pour commettre l’assassinat et avoir étouffé par la suite les enquêtes.

«Nous nous attendons à ce que justice soit faite dans un État tel que le Pará, où l’impunité règne encore, comme le démontre le fait que trois condamnés – le propriétaire foncier Amair Feijoli da Cunha et les deux exécuteurs matériels, Rayfran das Neves et Clodoaldo Batista – sont encore en liberté», a déclaré Luciney Vieira, coordinateur du «Comité Dorothy».

Le matin du 12 février 2005, la missionnaire, 73 ans, se rendait en compagnie d’un collaborateur à l’établissement «Esperança», où elle travaillait depuis 1999 à un «Projet de développement durable» pour plus de 400 familles de paysans indiens

Selon le récit du témoin, qui parvint à s’éloigner du lieu du crime, les deux tueurs s’approchèrent de la missionnaire et commencèrent à lui parler, avant de lui demander si elle était armée; elle répondit que sa seule arme était la Bible qu’elle tenait dans ses mains, et peu après, elle reçut cinq coups de pistolet.

Soeur Dorothy travaillait dans le Pará depuis plus de 30 ans, sur cette terre ensanglantée par le nombre le plus élevé de conflits fonciers de tout le Brésil, où règne le phénomène du «grilagem», l’appropriation illégale de lots de terre. Ce mot dériverait de «grillon», en raison de l’habitude des «grileiros» de conserver les fausses attestations de propriété dans des boîtes contenant différents types d’insectes pour leur donner un aspect usagé.

Depuis 1999, soeur Dorothy avait subi des menaces de mort : une semaine avant son assassinat.

De Soeur Dorothy à Chico Mendes

Le ministre de l’Environnement, Marina Silva, a comparé son assassinat à celui de Chico Mendes, tué en 1998. En vertu de ses luttes pour la défense de la forêt, contre la coupe illégale de bois et les spéculations le long de l’autoroute Transamazonienne, la religieuse avait reçu la citoyenneté honoraire du Pará en 2004, ainsi que le prix de l’ordre des avocats, devenant ainsi une interlocutrice obligée pour les parlementaires, les ministres fédéraux et la presse brésilienne. Selon la Commission pastorale de la Terre (Cpt), dont Dorothy Stang faisait partie depuis sa création il y a 30 ans, il y a eu 1’349 meurtres documentés pour des conflits liés à la terre dans tout le Brésil, et entre 1985 et 2003 seulement, dont la moitié dans le Pará, surnommé «la Bande de Gaza» par certains observateurs brésiliens. (apic/misna/pr)

17 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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