Quelles retombées attendre de la Ve Conférence du CELAM?
Brésil: Les protestants espèrent une coopération de la part des catholiques latino-américains
Aparecida, 30 mai 2007 (Apic) Le document final de la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes (CELAM) indiquera si l’Eglise catholique souhaite garder son «monopole» de la religion sur le continent ou si elle accepte la présence d’autres confessions et religions. Un théologien méthodiste argentin qui a assisté au rassemblement en tant qu’observateur s’interroge sur les retombées de ce rendez-vous brésilien.
«Ce n’est que dans le document final, qui n’est pas encore prêt, que nous verrons l’équilibre entre ces deux perspectives,» a estimé Néstor Oscar Miguez, pasteur méthodiste qui enseigne à l’institut théologique protestant de Buenos Aires (IDESET), en Argentine. Le pasteur Miguez est l’un des sept chrétiens non catholiques présents en tant qu’observateurs à Aparecida.
«Si c’est le premier point de vue qui l’emporte, cela va bien sur entraîner des tensions dans les relations entre l’Eglise catholique et nos Eglises protestantes,» a commenté le pasteur Miguez, interrogé par l’Agence oecuménique ENI.
Le pape Benoît XVI a inauguré la Conférence le 13 mai et elle doit se poursuivre jusqu’au 31 mai, date à laquelle il est prévu qu’elle adopte un document résumant ses travaux. L’Amérique latine abrite 45% du 1,1 milliard de catholiques du monde, mais en divers lieux du continent, les statistiques indiquent que les fidèles sont en train de quitter en masse leur Eglise, rejoignant souvent des dénominations pentecôtistes ou encore les nombreuses sectes.
Le pasteur Miguez commente que différents points de vue ont été exprimés lors de la Conférence: «Certains évêques considèrent la présence d’autres chrétiens comme une menace pour l’Amérique latine en tant que bloc homogène catholique romain; d’autres, cependant, considèrent que la diversité est «créative» et souhaitent adopter une approche oecuménique de la question, en prenant en compte et en respectant d’autres religions, telles que les religions précolombiennes, et les autres Eglises». De nombreux observateurs extérieurs, notamment les non catholiques, attendent du document final de la conférence qu’il adopte une approche oecuménique.
«Malgré les divergences historiques et doctrinales qui nous empêchent – de manière douloureuse – de communier ensemble, de nombreux liens existent entre nous, permettant de proclamer ensemble la vie que Jésus offre à nos peuples,» ont indiqué les observateurs non catholiques dans une lettre adressée aux responsables du CELAM. (apic/eni/pr)




