Usagers de la route, prostituées et personnes de la rue
Rome: Le Vatican propose une série de nouvelles orientations pastorales
Rome, 19 juin 2007 (Apic) Le Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement a publié le 19 juin 2007 des «Orientations pour la pastorale de la route». Ce long document souligne la responsabilité morale des usagers de la route, dénonce l’»esclavage moderne» que représente la prostitution féminine, donne des orientations pour la véritable urgence sociale que représente la situation des enfants de la rue et celle des sans domicile fixe.
Le document du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement est signé par le président et par le secrétaire du dicastère, le cardinal Renato Raffaele Martino, et Mgr Agostino Marchetto. Ce texte, qui porte la date du 24 mai 2007, aborde quatre thématiques pastorales: «les usagers de la route», «la libération des femmes de la rue», «les enfants de la rue» et «les sans domicile fixe». Ces Orientations, est-il précisé, sont le fruit d’une vaste oeuvre d’écoute, de pondération et de discernement.
La première partie du document, la plus longue, évoque donc «la pastorale pour les usagers de la route» et s’applique à souligner la responsabilité morale des conducteurs en offrant une liste de vertus chrétiennes des automobilistes: «la charité et le service du prochain», «la prudence», «la justice» et «l’espérance». Si l’automobile conditionne l’existence, reconnaît le document, la route et le rail doivent servir la personne humaine. Il précise que «celui qui connaît Jésus-Christ est prudent sur la route», En effet, il ne pense pas seulement à lui et n’est pas toujours pressé d’arriver.
Le Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement met en garde contre la conduite considérée comme une évasion du quotidien, contre la tentation de l’ivresse de la vitesse et des comportements peu équilibrés au volant: «manque de politesse, gestes vulgaires, imprécations, jurons, perte du sens des responsabilités, violation délibérée du code de la route».
Le dicastère estime ainsi qu’il est insensé de conduire «joyeusement», comme s’il n’y avait aucun danger mais que l’attitude au volant devrait être celle assumée «lorsqu’on utilise des instruments dangereux». Les accidents de la route, en conséquence, doivent être considérés comme une véritable tragédie et un sérieux défi pour la société et pour l’Eglise.
Le document du Vatican s’attache à rappeler le caractère obligatoire des normes de circulation routière, mais aussi la nécessité d’effectuer un contrôle technique périodique de son véhicule. Il souligne également le danger des «voiturettes» entre les mains d’adolescents ou d’adultes n’ayant pas le permis de conduire et celui de l’usage inconsidéré des cyclomoteurs et des motos. Il établit ensuite un «décalogue du conducteur» et spécifie la mission de l’Eglise en matière de pastorale et d’éducation routière.
La voiture est aussi un «lieu du commerce sexuel»
La voiture est aussi un «lieu du commerce sexuel», indique ensuite le document dans la partie dédiée à la «pastorale pour la libération des femmes de la rue». Après avoir souligné que la prostitution est une forme d’esclavage moderne qui peut toucher aussi les hommes et les enfants, le Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement juge que «les ’clients’ sont des personnes ayant des problèmes profonds car, dans un certain sens, ils sont également des esclaves».
L’Eglise entend dénoncer les injustices et la violence perpétrées contre les femmes de la rue et inviter tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à s’engager pour soutenir la dignité humaine en mettant fin à l’exploitation sexuelle.
Les ’clients’, explique le document, doivent entendre clairement que l’Eglise les condamne pour leur péché et pour l’injustice qu’ils commettent. «Cela est également valable pour le ’négoce’ homosexuel et transsexuel». Au long du texte, le dicastère chargé des personnes en déplacement s’attache à encourager l’aide de l’Eglise et de la société aux prostituées en vue de leur libération sociale ainsi qu’à éduquer les ’clients’.
Les enfants de la rue, une véritable «urgence sociale»
La troisième partie du document aborde la question des enfants de la rue, qualifiée de «véritable urgence sociale». Après avoir établi la longue liste des causes de ce phénomène – problèmes familiaux, comportements agressifs, émigration, prostitution, guerres – le dicastère réaffirme la nécessité de s’engager spécifiquement dans la prévention de ce phénomène et la récupération de ces jeunes.
L’Eglise invite par exemple ses membres à agir avec imagination, créativité et courage pour atteindre les enfants, allant jusque «dans les différents night-clubs et discothèques, et dans les zones plus ’chaudes’ de nos grandes villes».
Enfin, dans la dernière partie, la plus brève, le document évoque la pastorale pour les sans domicile fixe et regrette que «les pauvres n’émeuvent plus», qu’ils soient devenus «un problème d’ordre public», et qu’il existe une attitude de gêne croissante envers ceux qui demandent l’aumône. Le Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement offre ensuite une liste de moyens pour assister les «clochards». JB
Encadré
Un décalogue destiné aux automobilistes
A l’occasion de la publication des Orientations pour la pastorale de la route, le 19 juin 2007, le Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement a proposé un décalogue destiné aux automobilistes. Le dicastère propose ainsi à titre indicatif les dix commandements des usagers de la route :
I. Tu ne tueras pas.
II. Que la route soit pour toi un instrument de communion entre les personnes et non pas une manière de donner la mort.
III. Que la courtoisie, la correction et la prudence t’aident à surmonter les imprévus.
IV. Soit charitable et aide ton prochain dans le besoin, en particulier s’il est victime d’un accident.
V. Que l’automobile ne soit pas pour toi une expression de pouvoir, de domination, ni une occasion de pécher.
VI. Sois charitable envers les jeunes – et ceux qui le sont moins aussi – en les dissuadant de se mettre au volant s’ils ne sont pas en condition de conduire.
VII. Aide les familles des victimes d’accidents.
VIII. Fais ton possible pour faire se rencontrer au moment opportun la victime et l’automobiliste responsable de l’accident, afin qu’ils puissent vivre l’expérience libératrice du pardon.
IX. Sur la route, protège toujours celui qui est le plus faible.
X. Sois conscient de ta responsabilité envers autrui.
La première partie du document, la plus longue, évoque ainsi la pastorale pour les usagers de la route et s’applique à souligner la responsabilité morale des conducteurs en offrant aussi une liste des «vertus chrétiennes» des automobilistes. (apic/imedia/ami/be)




