Les menaces d’excommunication n’ont pas eu d’effet
Australie: Le cardinal Pell ne parvient pas à influencer le vote d’une loi sur le clonage
Sydney, 28 juin 2007 (Apic) Les députés catholiques de l’Etat australien de Nouvelle-Galles du Sud ont voté en faveur du clonage d’embryons humains dans le cadre de la recherche. Une décision prise malgré l’intervention du cardinal George Pell, qui avait menacé d’excommunication, ou de refus de la communion, les politiciens catholiques qui désobéissaient aux directives de l’Eglise. Des prêtres se disent ouvertement opposés aux déclarations du cardinal.
La proposition de loi a été adoptée par la chambre basse du parlement de Nouvelle-Galles du Sud par 65 voix contre 26, rappelle jeudi l’Agence ENI. La chambre haute doit encore se prononcer.
Le cardinal Pell, archevêque catholique de Sydney, a déclaré au cours d’une conférence de presse début juin que le clonage des embryons était une question «sérieuse». «Les politiciens catholiques qui votent en faveur de cette loi doivent se rendre compte que leur décision aura des conséquences sur leur place dans la vie de l’Eglise,» a-t-il averti.
L’intervention du cardinal Pell s’est toutefois heurtée à la critique virulente des politiciens catholiques qu’il tentait d’influencer. «Je voudrais les voir m’empêcher de communier,» a déclaré dans le Sydney Morning Herald le député de Nouvelle-Galles du Sud Adrian Piccoli.
Certains prêtres catholiques ont également remis en question la méthode de persuasion du cardinal Pell. «L’Eucharistie concerne la communauté. L’Eucharistie ne doit pas être un outil dont on se sert pour brandir une menace,» a affirmé le père Dan Donovan à la station de radio Australian Broadcasting Corporation (ABC).
Un autre prêtre, le père John Crothers, a déclaré au Sydney Morning Herald que les politiciens interdits de communion à la cathédrale du cardinal Pell seraient les bienvenus dans son église de Penshurst.
Manoeuvres «irritantes»
Bien que l’Eglise anglicane de Sydney se soit également opposée au projet de loi, elle a pris ses distances avec le cardinal Pell. Sa tactique a sapé la crédibilité de la cause, a déclaré sur ABC le porte-parole de l’Eglise anglicane Gordon Cheng. «Dans le contexte de ce débat sur le clonage, qui est d’une importance considérable, il s’agit de manoeuvres plutôt irritantes,» a déclaré Gordon Cheng.
Le cardinal Pell a défendu sa position, arguant que les recherches devaient se concentrer sur des techniques moins controversées. Dans une interview accordée à ABC, il a soutenu que le clonage de cellules prélevées sur des patients adultes était une alternative viable. «Trop peu d’analyses ont été réalisées sur le travail concernant les cellules souches d’embryons,» a-t-il expliqué.
«L’expérimentation impliquant la création et la destruction d’embryons humains est inutile et je pense que cela crée un précédent très mauvais pour l’avenir,» a-t-il ajouté. Le cardinal a confié au Sydney Morning Herald qu’il espérait que les députés de la chambre haute du parlement de l’Etat seraient «mieux informés». Le cardinal Pell n’a pas voulu répondre aux questions de l’Agence ENI, assure cette dernière. (apic/eni/pr)




