Mais Pékin ne varie pas sur sa position: un air connu

Chine: Les évêques chinois attendent beaucoup de la lettre du pape

Hongkong, 5 juillet 2007 (Apic) Des responsables catholiques de Chine estiment que la lettre ouverte du pape Benoît XVI adressée aux catholiques chinois revêt une importance religieuse et politique considérable pour les relations entre la Chine et le Vatican.

Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, de Hongkong, a déclaré espérer que les dirigeants chinois «liraient la lettre du pape d’un point de vue religieux et non politique.» Par le passé, le cardinal Zen s’est montré critique envers la position de la Chine sur les droits de la personne et la liberté de culte.

Cette lettre, longue de 55 pages et rendue publique le 30 juin, a appelé les catholiques de Chine continentale qui appartiennent à des communautés reconnues par le gouvernement à s’unir – sous l’autorité du pape – aux catholiques faisant partie de groupes clandestins proches du Vatican.

Dans sa déclaration, publiée le même jour, le cardinal Zen a déclaré qu’il espérait que la lettre du pape serait un «point de départ commun pour le dialogue» entre responsables chinois et clergé local.

L’Association catholique patriotique de Chine, autorisée par le gouvernement, refuse de reconnaître l’autorité du Vatican. De nombreux laïcs et membres du clergé catholiques sont cependant restés loyaux à l’Eglise de Rome. Cette situation à mis en colère les autorités chinoises et, selon certains observateurs, a aussi entraîné la persécution des personnes qui pratiquent leur foi dans la clandestinité.

En Chine même, l’évêque Luke Ji Jingfeng, de Fengxiang, a déclaré à AsiaNews, cité par ENI, que la lettre papale appelait très justement à l’unité. L’évêque a affirmé avoir «l’espoir que Pékin tenterait d’engager un dialogue sincère avec le Saint-Siège.»

L’évêque Li n’est pas membre de l’Association patriotique approuvée par les autorités. Depuis 2004, toutefois, il est reconnu par le gouvernement chinois comme un évêque de l’Eglise.

Un obstacle nommé Taiwan

Anthony Liu Bainian, vice-président de l’Association patriotique, a déclaré le 1er juillet qu’il espérait que la lettre du pape permettrait d’améliorer les relations entre la Chine et le Vatican. Pékin a de son côté fait savoir que pour que ses relations avec le Saint-Siège s’améliorent, celui-ci doit rompre ses relations diplomatiques avec Taiwan et pratiquer la «non-ingérence» dans les affaires internes de la Chine. Certains observateurs interprètent cette réaction comme un rejet des demandes formulées par le Vatican pour que celui-ci puisse nommer les évêques en Chine. La réponse chinoise n’a rien de nouveau.

Le vice-président de l’Association patriotique a souligné que les précédentes lettres papales étaient critiques envers le communisme et parlaient d’excommunier les membres de l’Eglise soutenue par l’Etat.

Selon lui, la situation actuelle est différente et la lettre de Benoît XVI est une manifestation de l’amour et de la préoccupation qu’il a pour les catholiques chinois.

«L’aspect le plus important de cette lettre, c’est son existence même, c’est qu’il y ait une lettre du pape aux catholiques chinois. Elle va servir de précédent pour l’ouverture vers Rome récemment clamée à tous vents par l’Eglise officielle,» a déclaré à l’agence de presse catholique Zenit Raphaela Schmid, directrice à Rome du Becket Fund pour la liberté religieuse et experte des relations Chine-Vatican. (apic/eni/pr)

5 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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