Il y a 60 ans, au lendemain de l’extermination des juifs par les nazis
Suisse: Journée commémorative de la Conférence de Seelisberg
Seelisberg, 8 juillet 2007 (Apic) Des représentants de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et de la Conférence des évêques suisses (CES), ont participé dimanche 8 juillet 2007 à une journée commémorative de la Conférence de Seelisberg. La cérémonie s’est déroulée sur les lieux mêmes de cet événement déterminant pour les relations judéo-chrétiennes.
C’est en effet à Seelisberg, en Suisse centrale, que s’est tenue, du 30 juillet au 5 août 1947, au lendemain de la 2e guerre mondiale marquée par le génocide des juifs d’Europe, la première conférence internationale réunissant des juifs et des chrétiens de diverses Eglises. Elle avait pour but d’étudier les causes de l’anti-judaïsme chrétien. Les «Dix Points de Seelisberg» adoptés à cette occasion allaient influencer de manière déterminante l’attitude de l’Eglise à l’égard de la Synagogue et contribuer à l’ouverture qui a suivi, du document conciliaire «Nostra aetate» jusqu’à nos jours.
Les organisateurs juifs et chrétiens y ont renforcé leur collaboration par une Déclaration commune. 60 ans après, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES) ont commémoré dimanche cet événement historique. Face aux conflits interreligieux qui couvent, il faut aujourd’hui montrer le même courage qu’il y a soixante ans, a dit Michael Bollag, co-président de la commission de dialogue protestants / juifs, dans son introduction. Alors a été fondé «un être les uns avec les autres, même s’il est encore parfois sujet à des troubles» a ajouté le représentant de la commission de dialogue juifs / catholiques romains, Christian M. Rutishauser.
Déclaration commune
Dans les salutations qu’ils ont apporté à cette célébration, Alfred Donath (FSCI), Thomas Wipf (FEPS) et Mgr Kurt Koch, président de la Conférence des évêques suisses (CES) ont déclaré ensemble que le dialogue judéo-chrétien en Suisse est sur la bonne voie. Les religions ont découvert que ce qui leur est commun est plus fort que ce qui les sépare, a résumé Alfred Donath. Une question toutefois reste sans réponse, celle de savoir pourquoi les Églises chrétiennes ont pu se méprendre si longtemps sur le rôle des juifs.
En annexe aux «10 points de Seelisberg» de 1947, et en continuation de la rencontre interreligieuse, la Fédération suisse des communautés israélites, la Fédération des Églises protestantes de Suisse et la Conférence des évêques suisses ont signé dimanche la « Déclaration commune quant à l’importance de la collaboration entre chrétiens et juifs ». L’importance du Conseil suisse des religions (SCR) a en outre été soulignée. Le SCR réunit pour la première fois, à travers chrétiens, juifs et musulmans, les trois religions qui se réfèrent à Abraham. Il veille à ce que les religions ne demeurent pas dans un face à face mais regardent ensemble dans la même direction. (apic/com//arch/pr)




