Brésil: Un chef indigène assassiné dans le Mato Grosso do Sul
Victime de l’élimination imposée par les «Les ’fazendeiros»
Brasilia, 11 juillet 2007 (Apic) Un dirigeant indigène du peuple Guarani-Kaiowa, connu pour avoir entrepris une longue lutte en défense des territoires ancestraux de son peuple, a été tué dimanche soir à coups d’arme à feu dans l’Etat du Mato Grosso do Sul, dans le sud-ouest du Brésil, indique l’Agence Misna.
Selon des sources du conseil indigéniste missionnaire (Cimi), citées par Misna, Ortiz Lopes, 46 ans, avait déjà échappé a une tentative d’homicide et était menacé de mort. Selon le témoignage de sa femme, qui était avec lui lors de l’agression, un homme non identifié s’est présenté chez lui en l’appelant par son nom et quand Ortiz Lopes s’est approché de la porte, l’inconnu a tiré en criant: «Les ’fazendeiros» (les propriétaires terriens) ont demandé un règlement de comptes avec toi».
«Ce qui est arrivé est très grave et exige une enquête de la police fédérale, des mesures de protection des membres de la communauté et l’immédiate démarcation (reconnaissance légale) de la terre indigène Kurussu Amba, à la frontière avec le Paraguay » affirme le Cimi.
Au mois de janvier, Ortiz avait participé avec 300 autres indigènes de sa communauté à la récupération du territoire indigène Kurussu Amba, situé dans la municipalité de Coronel Sapucaia.
Violence au quotidien
La semaine suivante, le groupe avait été expulsé de force, lors d’une opération menée par la police militaire avec les «pistoleiros», de la «fazenda Madama», l’une des grandes exploitations agricoles installées sur une partie de la terre ancestrale des Guarani-Kaiowa.
Lors de l’expulsion la dirigeante religieuse des amérindiens, Xurete Lopes, 70 ans, avait été tuée dans son habitation devant sa famille et Valdeci Ximenes, 22 ans, avait été blessé par balle. «C’est étrange – souligne le Cimi – mais aucun agresseur n’a été arrêté, alors que 12 indigènes, dont quelques enfants, ont été arrêtés et conduits au poste de police de Amambai.
Quatre d’entre eux sont encore en état d’arrestation, accusés de vol et d’invasion». Après l’expulsion, les Indiens s’étaient installés le long de l’autoroute MS 289, dans la municipalité de Coronel Sapucaia: depuis, Ortiz Lopes avait remplacé leur chef Francisco Ernandes, en prison à l’époque.
«Le 6 mai dernier les Guarani-Kaiowa avaient essayé à nouveau de reprendre leur terre Kurussu Amba. Afin de les faire renoncer, un accord verbal fut négocié selon lequel le fils du propriétaire de la fazenda, en présence de la police fédérale et d’un représentant de la Fondation nationale indigène (Funai), s’engageait à rendre en un an, la terre aux indigènes», précise encore le Cimi.
Réunis à Rio Brilhante, les 12 mouvements sociaux ont dénoncé «les effets d’un modèle de développement discriminatoire et qui s’impose à travers la concentration de la terre et du pouvoir dans le Mato Grosso do Sul. Nous repoussons ce modèle de mort – écrivent-ils dans une note envoyée à MIsna, parce que nous savons que, à partir de notre expérience quotidienne, il est le responsable principal de l’esclavage des agriculteurs, de la mort des fleuves, des forets, des animaux et de l’assassinat de Kurete, Ortiz, Marçal, Dorvalino, Veron et de nombreux autres indigènes revendiquant le droit de vivre dans leurs terres». (apic/misna/pr)




