Violence conjugale et mariages forcés désormais punis

Sierra-Leone: Des lois offrent enfin aux femmes droits et protection

Freetown, 16 juillet 2007 (Apic) Les femmes de la Sierra-Leone viennent d’obtenir des droits très attendus. De nouvelles lois en leur faveur répriment la violence conjugale, considérée désormais comme une infraction pénale. Elles permettent aussi aux femmes d’hériter d’un bien de leur époux, en cas de décès de celui-ci, et protègent les filles contre le mariage forcé.

Une troisième loi rend obligatoire l’enregistrement des mariages coutumiers, introduit un âge légal minimum pour le mariage, fixé à 18 ans, mais exige le consentement des deux parties.

En outre, ces lois permettront de donner aux femmes d’accéder à la richesse, ainsi qu’un accès légitime à la propriété, après le décès de leur mari, sans interférence des membres de la famille.

Selon l’Agence de presse de l’ONU, Irin (Réseau régionale d’information intégrée), la loi donne une large définition à la violence domestique. Elle inclue «les abus physiques et sexuels, les abus économiques, affectifs, les abus verbaux ou psychologiques, le harcèlement, la conduite qui met en danger la sécurité, la santé ou le bien-être d’autrui ou diminue l’intimité ou la dignité d’autrui».

Jusqu’ici, les hommes abusaient sans craindre d’être punis de leurs femmes. Celles-ci n’osaient pas porter plainte, à plus forte raison obtenir gain de cause devant une juridiction. Les actes de violence conjugale étaient, de ce fait, étouffées dans le cercle familial ou étaient tout au plus soumis à un chef local traditionnel.

En Sierra-Leone, la violence domestique était jusqu’à présent considérée comme «privée, puisque c’est une affaire de famille qui ne devrait pas sortir dans le domaine public», a déclaré à Irin Jebbeh Forster, responsable au bureau du Fond de développement des Nations Unies pour la femme, (UNIFEM) à Freetown, la capitale.

Cette période est désormais révolue, puisque les nouvelles lois donnent d’une part des instruments à la police et d’autre part offrent un soutien aux familles afin d’entreprendre les mesures nécessaires permettant de poursuivre les contrevenants.

Le réseau des organisations locales des droits de l’homme a salué ces nouvelles dispositions. (apic/ibc/pr)

16 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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