Le Saint-Siège salue cet accord
Rome: Indemnisations de l’archevêché de Los Angeles aux victimes d’abus sexuels
Rome, 17 juillet 2007 (Apic) Le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a salué l’accord conclu entre l’archevêché de Los Angeles et les victimes d’abus sexuels perpétrés par des prêtres. L’Eglise veut «s’engager de toutes les manières possibles» pour éviter que de telles situations «néfastes ne se reproduisent», a-t-il commenté sur Radio Vatican, le 16 juillet en soirée.
Lundi, le cardinal Roger M. Mahony, archevêque de Los Angeles, a présenté à la presse l’accord pour l’indemnisation de 508 victimes d’abus sexuels pour un montant inédit de 660 millions de dollars. Il a aussi présenté ses excuses personnelles pour «tous ceux qui ont souffert à cause d’abus sexuels de la part de prêtres, religieux et laïcs» de son diocèse. Pour rassembler une telle somme, l’archidiocèse de Los Angeles a annoncé son intention de mettre en vente un de ses bâtiments administratifs ainsi qu’une cinquantaine d’autres propriétés.
L’enquête publiée par l’archidiocèse de Los Angeles, le plus grand des Etats-Unis, indique que dans les 75 dernières années, 113 prêtres diocésains ont été accusés de pédophilie. Parmi eux, 43 sont décédés, 54 ont quitté le sacerdoce et 16 exercent encore leur ministère. Pour 12 de ces derniers, aucune preuve tangible n’a été retenue.
«L’accord avec tous les sacrifices qu’il comporte est un signe de cet engagement de l’Eglise de clore une page douloureuse afin de regarder de l’avant vers la prévention et la création d’un milieu toujours plus sûr pour les enfants et les adolescents dans tous les milieux de l’Eglise», a commenté le Père Lombardi.
«L’Eglise est avant tout attristée de la souffrance subie par les victimes et leur famille, pour les blessures profondes causées par des comportements graves et inexcusables de plusieurs de ces membres et est décidée à s’engager de toutes les manières possibles pour éviter que de tels cas néfastes ne se reproduisent» a-t-il encore indiqué. «Cependant, a-t-il aussi noté, étant donné que le problème des abus sexuels contre des enfants et son traitement ne regarde pas seulement l’Eglise, mais de nombreuses institutions, il serait juste que celles-ci prennent aussi les décisions nécessaires». «L’Eglise, consciente de sa responsabilité éducative sur la jeunesse, entend participer à la lutte contre la pédophilie qui aujourd’hui est en train de toucher des secteurs toujours plus importants de la société dans de nombreux pays du monde», a conclu le Père Federico Lombardi.
Une crise entamée en 2002
Au début 2002, la mise au grand jour de cas de prêtres pédophiles confirmés par la justice avait déclenché une crise au sein de l’Eglise américaine. Jean Paul II avait alors convoqué tous les cardinaux des Etats-Unis, en avril 2002, pour étudier avec eux une solution possible. Cette réunion avait conduit à l’élaboration d’une charte et de normes juridiques «pour la protection des enfants et des jeunes», achevé en novembre 2002.
En février 2004, un rapport commandé par l’Eglise américaine faisait état, sur 50 ans, de plus de 4000 victimes d’abus sexuels de la part de prêtres catholiques aux Etats-Unis.Benoît XVI a affirmé sa volonté de lutter avec fermeté contre ces cas. Le 28 octobre 2006, recevant les évêques irlandais, eux aussi frappés par une vague de scandales, il avait rappelé que «les blessures provoquées par de tels actes sont profondes. Il est urgent de reconstruire la confiance». Il est «important d’établir la vérité de ce qui s’est produit dans le passé. Cette étape est nécessaire pour empêcher que de tels actes se reproduisent encore», avait indiqué le pape, en invitant les évêques à «s’assurer que les principes de la justice sont entièrement respectés» et à «soigner les victimes et tous ceux qui sont affectés par ces crimes odieux». (apic/imedia/hy/bb)




