Malawi : Le congé le vendredi pour les musulmans fâche les intéressés

«Ce n’est pas facile de faire plaisir», conclut un ministre

Blantyre, Malawi, 17 juillet 2007 (Apic) Le Malawi est le premier pays d’Afrique australe à permettre aux musulmans d’être en congé le vendredi, leur jour de culte. Un «cadeau» imposé par le président.

L’Association musulmane du Malawi a accusé le président Bingu wa Mutharika d’avoir décrété le congé hebdomadaire aux musulmans pour la prière du vendredi sans les consulter.

«En tant que musulmans, nous n’avons pas besoin d’un véritable congé le vendredi», a expliqué à la presse locale, après la déclaration du président Mutharika, Imran Shareef, secrétaire général de l’association,. «Nous n’avons besoin que de deux heures pour nos prières, puis nous pouvons retourner à notre labeur. Nous aurions plutôt apprécié que le président décrète un jour de congé pour la fête traditionnelle musulmane de l’Eid-ul-Quarban et pour la naissance de Mahomet.»

S’exprimant le 6 juillet lors des célébrations marquant l’anniversaire de l’indépendance du pays, le président Mutharika avait décrété que le vendredi après-midi serait chômé pour tous les musulmans travaillant dans la fonction publique, afin de leur permettre d’assister à la prière du vendredi.

Les musulmans ont toutefois déclaré que le geste du président avait soulevé davantage de questions que de réponses, et que cette situation aurait pu être évitée si le président avait consulté la communauté musulmane, forte d’environ 12,8 % des 13,6 millions d’habitants du Malawi.

«Pourquoi seulement les musulmans ? Pourquoi ne pas faire un jour de congé pour tous ?», a demandé Imran Shareef, selon le quotidien du Malawi The Nation. «Et les étudiants musulmans ? Que va-t-il advenir de leurs études s’ils prennent congé alors que leurs camarades chrétiens continuent d’étudier ? Ne seront-ils pas désavantagés ?»

Cependant, pour Davis Katsonga, ministre des Affaires présidentielles et parlementaires, «si cela n’intéresse pas les musulmans d’avoir ce congé et qu’ils souhaitent retourner au travail après les prières, qu’il en soit ainsi,» a-t-il déclaré. «Ce n’est pas facile de faire plaisir.» (apic/eni/vb)

17 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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