Il remplace Mgr Michael Fu Tieshan, décédé en avril dernier
Chine: Election du nouvel évêque officiel du diocèse de Pékin
Pékin, 18 juillet 2007 (Apic) Un groupe de prêtres, de religieuses et de laïcs du diocèse catholique de Pékin a élu comme nouvel évêque de la capitale chinoise le Père Joseph Li Shan, un prêtre âgé de 43 ans. Ce prêtre aimé des fidèles et doté d’une personnalité indépendante, succède à Mgr Michael Fu Tieshan, décédé le 20 avril.
Figure de proue de «l’Eglise patriotique» détachée de Rome dans les années 50, Mgr Michael Fu Tieshan présidait l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) depuis 1998 et faisait partie depuis 2003 de l’Assemblée nationale populaire (parlement). En 1979, il avait été nommé évêque de Pékin sans l’assentiment du Saint-Siège. Le prélat patriotique avait bénéficié d’obsèques nationales.
Son successeur, le Père Joseph Li Shan, était jusque là curé de l’église de St-Joseph, à Pékin, connue sous le nom de Dongtang, ou «église de l’est». Le prélat a été élu lundi 16 juillet et sa nomination doit être soumise à la Conférence des évêques de l’Eglise catholique de Chine (un organisme de l’Eglise «patriotique», c’est-à-dire «officielle») pour approbation. Une fois celle-ci obtenue, la cérémonie d’ordination doit être organisée dans les trois mois.
Selon l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome, le Père Li Shan est un pasteur qui a prouvé son indépendance face à l’Association Patriotique et aux cercles autour de Mgr Fu Tieshan, un évêque très opposé à Rome. Il est le premier évêque chinois élu après la Lettre du pape Benoît XVI adressée le 30 juin dernier aux catholiques chinois. Le pape y réclame la liberté de nommer lui-même les évêques en Chine. Si la nomination du Père Joseph Li Shan s’est faite indépendamment de Rome, son nom ne devrait cependant pas soulever d’objections de la part du Vatican, selon AsiaNews.
Le Saint-Siège attentif à la nomination du nouvel évêque de Pékin
Le Saint-Siège n’a pas officiellement commenté la nomination du nouvel évêque de Pékin. Les nominations épiscopales sont l’une des pommes de discorde entre la Chine et le Vatican. Selon l’agence de presse AsiaNews, de l’Institut pontifical des missions étrangères, le Saint-Siège suivrait avec «attention» cette nomination.
«L’élection n’a pas encore été formellement communiquée et il est encore trop tôt pour parler de contact avec le Vatican», a déclaré à l’agence italienne Ansa à Pékin, Anthony Liu Bainian, vice-président de l’Association patriotique. L’élection de Mgr Li Shan par l’assemblée des prêtres, des religieux et des laïcs du diocèse a été «strictement indépendante», a-t-il souligné.
Après la publication de la Lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine, le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, avait déclaré, le 16 juillet 2007, attendre toujours «un signe précis» de la part du gouvernement chinois. Dans sa lettre, Benoît XVI a appelé les fidèles à l’unité et à la réconciliation sous son autorité. Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part réitéré ses deux exigences majeures pour la normalisation des relations avec le Saint-Siège: la rupture des relations diplomatiques entre le Vatican et Taiwan et le pouvoir de nommer unilatéralement les évêques. (apic/cns/asian/imedia/be)




