Le cardinal Sebastiani demande aux Européens d’ouvrir la porte

Rome: Entrée de la Turquie dans l’Union européenne

Rome, 23 juillet 2007 (Apic) Après les élections législatives turques qui ont reconduit au pouvoir le premier ministre Erdogan, le 22 juillet, le cardinal Sergio Sebastiani, invite à ne pas fermer la porte à la Turquie dans l’UE.

Les 27 pays de l’Union européenne doivent sérieusement prendre en compte les négociations pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, a souligné le cardinal Sergio Sebastiani, président de la Préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège. L’ancien nonce en Turquie s’est exprimé le 23 juillet dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera.

«Pour l’Europe et pour les Eglises chrétiennes c’est le meilleur résultat», a ainsi souligné le cardinal Sebastiani après la réélection du premier ministre Erdogan, membre du parti conservateur musulman AKP. «C’est un bon résultat parce que cela lui permet de faire avancer son programme de réforme et empêche de toucher à la laïcité de l’Etat», a-t-il ajouté.

Le premier ministre turc, réélu pour un mandat de 5 ans, s’est engagé à défendre la candidature de son pays à l’entrée dans l’Union européenne et a également promis de respecter les valeurs républicaines turques, dont la laïcité.

Le cardinal Sebastiani a aussi souligné que «comme habile négociateur», le premier ministre turc continuerait «sa politique d’attention bipolaire à l’Europe et au monde arabe». «Nous savons combien il tient à l’entrée dans l’Union (européenne), mais le monde arabe est aussi important pour la Turquie, et pas seulement pour des raisons d’identité islamique mais aussi pour le pétrole», a expliqué l’ancien nonce en Turquie.

«Ne pas blesser l’interlocuteur turc»

S’exprimant ensuite sur l’attitude à adopter de la part des Européens, le cardinal Sebastiani a évoqué l’importance de «prêter une grande attention aux progrès que la Turquie est en train d’accomplir sur le chemin d’une pleine démocratisation», en particulier sur «la question des droits de l’homme, y compris la liberté religieuse». Le cardinal a ainsi conseillé à la Commission de Bruxelles «de ne pas donner d’ultimatum et de ne pas blesser la susceptibilité de son interlocuteur» turc.

«Je suis certain que claquer la porte à la Turquie serait une imprudence, parce que ce grand pays pourrait alors être tenté de sortir de l’OTAN et de s’engager sur les voies du fondamentalisme», a-t-il ajouté.

Lors des élections législatives turques, le 22 juillet, le parti AKP a été élu avec plus de 47 % des voix, suivi par le principal parti d’opposition pro-laïque, le parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) qui a obtenu 20,2 % des suffrages, et par le parti de l’action nationaliste (MHP, extrême droite antieuropéenne), qui a comptabilisé 14,4 % des voix. (apic/imedia/ms/vb)

23 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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