Scout un jour, scout toujours, pour le Père Lombardi
Rome: 1907-2007, Centenaire du scoutisme, qui sont les scouts du pape ?
Rome, 30 juillet 2007 (Apic) Le 1er août 2007, des millions de scouts et anciens scouts du monde entier se rassembleront sur toute la planète pour renouveler leur «promesse» et marquer le 100e anniversaire du scoutisme. Il y a un siècle, le militaire britannique Baden-Powell (1857-1941) organisait le tout premier camp scout sur l’île anglaise de Brownsea. Parmi les 400 millions de personnes dans le monde qui sont passées un jour par le scoutisme, quelques unes font parties des collaborateurs du pape.
L’agence I.MEDIA a tenté de savoir ce que le scoutisme avait apporté à certains membres de la curie romaine et proches de Benoît XVI. Le premier des «scouts du pape» est certainement son porte-parole, le Père Federico Lombardi. Ce jésuite de 65 ans estime que le scoutisme a représenté une partie fondamentale de sa formation, l’aidant dans le rapport avec les autres et l’engagement à servir.
Ce qu’il a reçu du scoutisme lui donne encore aujourd’hui du courage pour s’engager. Le Père Federico Lombardi se souvient avec plaisir de belles expériences comme celle d’une virée à bicyclette, à 15 ans, jusqu’à Oslo, convaincu que cela n’avait été possible que parce qu’il était scout.
Une belle brochette
Entré dans le scoutisme à l’âge de 11 ans, puis chef louveteau et aumônier, cet homme qui dirige à la fois Radio Vatican, le Centre de télévision du Vatican et le Bureau de presse du Saint-Siège est encore aujourd’hui aumônier national du mouvement des scouts adultes catholiques italiens (MASCI).
Ancien responsable de la section «jeunes» du Conseil pontifical pour les laïcs et ancien organisateur des voyages pontificaux, Mgr Renato Boccardo déclare avoir trouvé des scouts un peu partout dans ses déplacements. L’actuel secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican, entré dans le scoutisme à l’âge de 13 ans, est redevable de cette «expérience fondatrice» par laquelle il a découvert l’ouverture aux autres.
«Je dois au scoutisme une bonne partie de la découverte de ma vocation», confie aussi le prélat. Si ce n’est pas le mouvement dont on parle le plus dans l’Eglise, Mgr Boccardo juge cependant que les différents papes ont fait des interventions significatives sur le scoutisme.
Créé cardinal en mars 2006 par Benoît XVI, l’archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre Ricard, ne cache pas, lui non plus, l’importance du scoutisme dans ses choix de vie. Le président des évêques de France explique (*) qu’il peut dater de façon précise la naissance de sa vocation sacerdotale, lorsqu’il avait 14 ans. «C’était au cours d’un camp de Pâques avec les scouts et, après la veillée, l’aumônier (.) m’a demandé si je n’avais jamais pensé à être prêtre», raconte-t-il. Un peu surpris, le jeune Marseillais a alors répondu: «Non, mais je veux bien y réfléchir».
«Au collège, j’ai eu des professeurs communistes qui nous brocardaient, mes camarades et moi, parce que nous étions scouts», se souvient aussi le cardinal Ricard. Plusieurs anciens scouts travaillent dans les différents bureaux de la curie. C’est entre autres le cas de Mgr Thierry Blot, qui travaille à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Ce Français âgé d’une cinquantaine d’années a fait ses débuts dans le scoutisme, il y a quarante ans, comme louveteau, et continue à prêter main-forte à un groupe du scoutisme européen dans une paroisse romaine.
«Mon expérience scoute a des répercussions dans ma vie de prêtre», confie-t-il, convaincu que son dernier engagement dans la branche aînée du scoutisme, le «départ routier» effectué en 1983, est «une voie de sainteté».
Mgr Blot insiste aussi sur l’importance de la cohérence entre ce qui est vécu avec l’uniforme scout et ce que l’on vit ensuite en dehors. Agé de 25 ans, Cyrille Fauchère achève son second et dernier mandat de deux années au sein de la Garde suisse pontificale. Pour sa part, il a découvert le scoutisme dès 4 ans et, encore aujourd’hui, à distance, il assume des responsabilités dans son groupe scout du Valais, en Suisse.
C’est dans le scoutisme qu’il a découvert la vie en communauté et constate avec satisfaction les similitudes entre la vie scoute et celle au sein de la garde rapprochée du pape comme «l’engagement, l’uniforme ou la fierté d’effectuer un parcours un peu hors du commun». S’il quitte le corps de la Garde suisse avec certains regrets, Cyrille est toutefois heureux de pouvoir revenir en Suisse pour s’occuper de ses scouts.
Fondé en août 1907 par le Britannique Baden-Powell
Fondé en août 1907 par le Britannique Lord Robert Baden-Powell lors d’un camp expérimental rassemblant seulement une vingtaine de garçons, le scoutisme est une organisation mondiale et bénévole dont le but est le développement personnel des enfants et des adolescents par une éducation morale, physique, pratique et civique.
Le mouvement compte aujourd’hui près de 28 millions de membres répartis dans 155 pays. Un peu avant 1920, le scoutisme a été «catholicisé» par le Père jésuite français Jacques Sevin, le professeur belge Jean Corbisier et le comte italien Mario di Carpegna. Robert Baden-Powell est mort au Kenya en 1941.
Dans un message envoyé en juin dernier au cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, Benoît XVI a particulièrement salué le désir grandissant d’unité et de collaboration dans le scoutisme catholique français. Dans sa lettre, le pape s’est également félicité des tous les fruits portés par le scoutisme au long de ce siècle. Lors de l’audience générale du 1er août 2007, au Vatican, le pape devrait saluer une délégation de la Fédération internationale des Guides et Scouts d’Europe. AMI/JB
(*) Mgr Jean-Pierre Ricard dans «Sept défis pour l’Eglise», aux Editions Bayard (2003). (apic/imedia/ami/be)




