Des textes qui marquent le pontificat de Benoît XVI
Rome: Le cardinal Cottier revient sur trois documents récemment publiés au Vatican
Rome, 3 août 2007 (Apic) Le cardinal Georges Cottier, ancien théologien de la Maison Pontificale, est revenu sur les trois documents récemment publiés au Vatican: la Lettre du pape aux catholiques de Chine, le Motu Proprio Summorum pontificum sur la messe tridentine et le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur ’certains aspects de la doctrine sur l’Eglise’. Interrogé par I.MEDIA, il a estimé que ces textes «marquent» le pontificat du pape allemand et a noté, cependant, un manque de coordination dans la sortie de ces textes importants.
Le haut prélat helvète, qui fut longtemps en charge de la vérification théologique des textes pontificaux, préfère voir dans la Lettre de Benoît XVI aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l’Eglise catholique en République populaire de Chine du 30 juin, le document «le plus important» des trois textes récemment publiés au Vatican. C’est, pour lui, un texte «extrêmement bien fait et qui a visiblement pour but d’empêcher une rupture entre les deux branches de l’Eglise en Chine».
Le cardinal suisse interprète ce message du pape comme «un effort considérable pour renouer le dialogue» avec Pékin. «La réponse du gouvernement a été très sèche», reconnaît le prélat, qui estime pourtant que «l’existence du document est très importante même si la réaction immédiate est négative».
Par ailleurs, la publication, début juillet dernier, avec seulement trois jours d’intervalle, du Motu Proprio Summorum pontificum (7 juillet) et du document de la Congrégation pour la doctrine de la foi (10 juillet), a été jugée par certains observateurs comme un «raidissement» coordonné des positions de l’Eglise catholique. Le cardinal Cottier estime au contraire que leur sortie n’a pas été coordonnée mais que les trois documents récemment publiés «marquent» le pontificat de Benoît XVI.
Pas d’action programmée entre les documents
«En recevant simultanément les documents, on a l’impression que c’est une action programmée», remarque-t-il avant de noter que l’un provient de la Commission Ecclesia Dei et l’autre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. «Connaissant un peu la maison, j’ai l’impression qu’il n’y a pas de coordination», poursuit-il avant de préciser que «l’on publie ces documents lorsqu’ils sont prêts et avant que les gens de la curie partent en vacances».
Le Motu Proprio Summorum pontificum en vue de la libéralisation de l’usage de la messe pré-concilaire a «une visée oecuménique à l’égard des frères qui ne se considèrent pas séparés mais sont en fait schismatiques», selon le cardinal Cottier. A ses yeux, cette Lettre apostolique du pape est partie du constat que «peut-être, dans l’histoire de l’Eglise, on n’avait pas fait tout ce qu’il fallait pour éviter une rupture».
Les fidèles de Mgr Lefebvre devront prendre position
Concernant l’avenir, le cardinal Cottier rappelle que «ce qui est toujours mis en avant par Ecône (siège de la Fraternité saint Pie X, ndlr), c’est la liturgie». Pourtant, selon lui, «les motivations profondes sont bien le Concile Vatican II, la liberté religieuse et l’oecuménisme». Ainsi, pour le cardinal suisse, «maintenant qu’il n’y a plus de problème avec la liturgie, cela va forcer les fidèles de Mgr Lefebvre à prendre position».
«Il n’y a rien de neuf» dans le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur ’certains aspects de la doctrine sur l’Eglise’, mais celui-ci a voulu répéter des «précisions utiles» concernant l’Eglise catholique face à «certaines interprétations peu claires» de certains théologiens. Même si ces affirmations «peu diplomatiques (.) font mal à certains» dans le dialogue oecuménique, il fallait clarifier la position de l’Eglise catholique. Le pape a ainsi souhaité éviter de laisser «planer une ambiguïté», juge encore le cardinal Georges Cottier. Enfin, il invite les catholiques à prendre conscience de ce qu’ils affirment, mettant en garde contre ceux qui disent : «C’est l’opinion de la Congrégation pour la doctrine de la foi, mais ce n’est pas la nôtre». (apic/imedia/ami/bb)




