L’Afrique : l’une des priorités diplomatiques du Saint-Siège
Rome: Interview de Mgr Mamberti dans le quotidien l’Avvenire le 9 août
Rome, 9 août 2007 (Apic) «L’Afrique représente l’une des priorités de l’activité diplomatique du Saint-Siège», a expliqué Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, dans une interview accordée au quotidien de la Conférence épiscopale italienne Avvenire, le 9 août 2007.
Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats a évoqué l’avancée des rapports diplomatiques avec des pays comme le Vietnam et les Emirats arabes unis, ainsi que l’attention que porte le Saint-Siège à oeuvrer dans la ’diplomatie multilatérale’.
Interviewé sur l’ouverture, en juin dernier, d’une nouvelle nonciature au Burkina Fasso, Mgr Mamberti, le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican a expliqué que «l’attention à l’Afrique représentait l’une des priorités de l’activité diplomatique du Saint-Siège et cela pour diverses raisons».Entre autres: «Pour le nombre de catholique présents, pour la vitalité des Eglises locales, pour consolider leur structure et leur vie interne», a-t-il précisé. «L’ouverture d’une nouvelle nonciature constitue certainement un renforcement de l’intérêt du Saint-Siège pour une nation précise, avec la possibilité d’entretenir des rapports plus étroits et plus continus avec l’Eglise locale et le gouvernement , ainsi que de partager davantage les joies, les espérances et les souffrances de tout un peuple», a aussi ajouté le diplomate.
Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats s’est ensuite exprimé sur l’établissement de relations diplomatiques, le 31 mai 2007, avec les Emirats arabes unis. Outre le fait de favoriser des liens plus étroits avec les Emirats arabes unis, l’établissement de relations diplomatiques vise «à assurer à la communauté catholique locale une sérénité plus grande dans le développement de sa mission spirituelle, éducative et sociale dans le pays», a-t-il souligné. Pour Mgr Mamberti, c’est justement ce témoignage de charité de l’Eglise en faveur de la société et de toutes ses composantes qui peut aider à «dépasser les incompréhensions qui peuvent naître dans les rapports entre chrétiens et musulmans».
Avec le Vietnam, en négociation pré diplomatiques
Mgr Mamberti a aussi espéré que «ce qui concerne le cas des Emirats arabes unis puisse avoir une retombée positive sur les autres pays à majorité islamique et rappeler ainsi à tous l’importance du dialogue et de la collaboration entre chrétiens et musulmans».
Interviewé sur l’imminence de l’établissement de relations diplomatiques avec le Vietnam, le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican a indiqué que, par l’intermédiaire d’un groupe de travail, les deux parties étaient en train de «définir les gestes à entreprendre pour atteindre l’établissement des rapports diplomatiques».
Mgr Dominique Mamberti a aussi expliqué que le Saint-Siège oeuvrait activement dans ce que l’on appelle la ’diplomatie multilatérale’, à côté du domaine plus traditionnel de la ’diplomatie bilatérale’.
«Depuis toujours, le Saint-Siège promeut la reconnaissance de la dignité humaine de la personne, la paix et la concorde entre les nations (.) et le bien commun international», a-t-il affirmé soulignant l’importance fondamentale des organismes internationaux «pour atteindre ces nobles objectifs», mais aussi en tant que lieu de dialogue et de solutions aux problèmes actuels».
The Economist avait demandé au Vatican de se définir comme une ONG.
Enfin, le secrétaire pour les relations avec les Etats a réagi aux propos publiés le 21 juillet dernier dans l’hebdomadaire The Economist demandant au Saint-Siège de «renoncer à son statut diplomatique spécial et de se définir pour ce qu’il est: la plus grande ONG du monde». «Ce n’est certainement pas une invitation recevable», a affirmé Mgr Mamberti, soulignant que cette réaction vient «d’une compréhension inexacte de la position du Saint-Siège dans la communauté internationale». «Derrière l’invitation à se réduire à une ONG, outre l’incompréhension du statut juridique du Saint-Siège, il y aussi probablement une vision réductive de sa mission, qui n’est pas sectorielle ou liée à des intérêts particuliers, mais universelle et qui comprend toutes les dimensions de l’homme et de l’humanité», a-t-il expliqué.
C’est pour cela, a enfin expliqué Mgr Mamberti, que «l’action du Saint-Siège dans le domaine de la communauté internationale peut être perçu comme un ’signe de contradiction’». Ainsi, «cette action défend la dignité de chaque personne et le caractère de chaque vie humaine, surtout le la plus faible. Le Saint-Siège poursuit aussi son action en faveur de la famille «fondée sur le mariage entre un homme et une femme, et revendique le droit fondamental à la liberté religieuse ainsi que la promotion des rapports entre les hommes et les peuples, fondés sur la justice et la solidarité».
Le Français Mgr Dominique Mamberti, nommé secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats le 15 septembre 2006, avait réellement pris ses fonctions un mois plus tard. Depuis, il n’est intervenu que très exceptionnellement dans la presse. Lors de l’entretien accordé au quotidien Avvenire, il n’a pas souhaité évoquer la situation des rapports avec la Chine. (apic/imedia/ms/vb)




