Un symbole pour la population de Jaffna

Sri Lanka: Une église endommagée par la guerre devient un centre de recherche sur la paix

Jaffna 26 août 2007 (Apic) Une Eglise endommagée par la guerre au Sri Lanka va devenir à Jaffna un centre de recherche sur la paix. Déjà l’édifice sert de rencontres, suivies par des gens de toutes confessions. L’église passe pour un symbole, après avoir été épargnée par un obus qui n’avait pas explosé. Comme par miracle.

Les édifices de l’église du Christ le long de la route principale de Jaffna, au Sri Lanka, sont criblés de trous dus à des tirs d’obus, rappelant une dure réalité: celle des nombreuses batailles rangées qui ont opposés les rebelles tamouls et les forces sri lankaises en plein coeur du pays tamoul dans la partie nord du Sri Lanka.

Construite en 1871, l’église anglicane devrait bientôt pourtant connaître un renouveau. De nouvelles tuiles ont été posées et les plus gros trous dans les murs ont été comblés.

«Nous sommes en train de convertir cette église en monument aux morts qui servira de centre d’études sur les conflits», a confié l’Agence oecuménique ENI l’archidiacre de Jaffna, le pasteur S.P. Nesakumar, en montrant les graves dommages infligés par les bombardements et le pilonnage pendant les conflits de 1990 et de 1995.

La péninsule de Jaffna compte près de 30’000 bâtiments endommagés par la guerre, ce qui représente pour les habitants un cruel témoignage du carnage qui s’est déroulé au coeur du pays tamoul où près de 40’000 soldats ont été déployés pour soutenir la souveraineté sri lankaise sur près de 500’000 Tamouls.

Selon le pasteur S.P. Nesakumar, le but de ce projet n’est «pas de redonner à l’église sa grandeur initiale ni de conserver les traces de la guerre» en réparant les parties endommagées pour garantir la stabilité de l’ouvrage. L’archidiacre relève que depuis que l’église avait changé d’orientation il y a un an déjà, en attendant sa transformation, les pasteurs de Jaffna se réunissaient à chaque pleine lune – un jour férié au Sri Lanka – dans l’allée centrale de l’édifice criblé de balles pour y débattre de questions oecuméniques et relatives à la paix.

Un futur centre d’hébergement

Cette église, qui porte les cicatrices de la guerre, a aussi été un lieu où se sont déroulés des conférences et des ateliers sur la paix et les questions interreligieuses depuis sa transformation en centre d’études sur les conflits en avril 2006.

«Tous ici s’accordent pour dire que cette Eglise doit servir de monument pour rappeler ce qu’est la guerre aux futures générations», estime le pasteur Nesakimar.

Un centre d’hébergement est aussi prévu sur le site de l’église pour loger les participants aux programmes et aux ateliers de formation à la paix. D’après les précisions fournies par le pasteur Nesakumar, aucun culte ne se déroule dans l’église car celle-ci est encore considérée par les habitants de la région comme un lieu sacré où ils viennent prier devant la statue de Jésus qu’ils ont d’ailleurs eux-mêmes érigée devant l’église.

En 1998, alors que l’église était pleine à craquer de réfugiés de nombreuses religions, un obus géant a atterri sur l’église mais sans exploser. «Frappés par ce miracle, les gens ont érigé d’eux-mêmes une statue», se souvient le pasteur Nesakumar, qui a expliqué qu’il se trouvait tout près de l’endroit où l’obus avait atterri. Depuis lors, des chrétiens de toutes confessions viennent prier dans cette église, apportant des fleurs et des guirlandes qu’ils déposent aux pieds de la statue. (apic/eni/pr)

26 août 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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