Les ONG s’insurgent

Somalie: Accès insuffisant aux soins médicaux

Mogadiscio, 26 août 2007 (Apic) En raison de l’insécurité croissante, l’accès aux soins médicaux et l’assistance aux civils et aux réfugiés, à Mogadiscio et dans ses environs, ont diminué de manière alarmante au cours des derniers mois, dénonce des ONG, dont l’organisation internationale Médecins sans frontières (Msf) cités par Misna.

Ces ONG demandent de manière urgente à toutes les parties au conflit de permettre au personnel médical de travailler sans obstacle et d’assurer aux habitants et aux réfugiés de Mogadiscio et de ses environs un accès sûr aux soins médicaux.

Au cours des six derniers mois, relève Msf, l’une des rares ONG qui soient directement actives en Somalie, une inquiétante diminution du niveau des soins médicaux disponibles s’est vérifiée dans la capitale somalienne.

Selon les estimations de l’organisation, à l’heure actuelle, moins de 250 lits d’hôpital, sur 800 disponibles à Mogadiscio en janvier, sont encore en service. Depuis lors, les trois quarts du personnel de la plupart de ces hôpitaux ont quitté la ville. «Avec des bombardements et des fusillades qui se répètent à présent chaque jour à Mogadiscio, les personnes qui auraient besoin d’assistance médicale ont trop peur pour quitter leurs domiciles, le personnel médical abandonne la ville et les hôpitaux sont fermés ou à peine fonctionnels», a déclaré Christophe Fournier, président international de Msf.

L’ONG confirme ensuite l’alerte nutritionnelle, lancée au cours des derniers jours, par les Nations Unies qui, notamment dans les zones du centre et du sud de la Somalie, avait parlé d’une «urgence humanitaire» concernant 1,5 million de personnes, toutes à risque de dénutrition. «L’augmentation du taux de dénutrition et la tendance nutritionnelle négative que nous rencontrons actuellement chez les enfants issus de familles qui ont fui la capitale nous inquiètent énormément», a déclaré Christophe Fournier, citant plusieurs données recueillies par le personnel de Msf sur le terrain.

L’ONG indique qu’à Hawa Abdi (à 17 km à l’ouest de Mogadiscio), sur 641 enfants issus de familles de réfugiés, un taux de dénutrition de 21,5% et un autre de dénutrition aiguë de 3% ont été enregistrés parmi les enfants de moins de cinq ans. Plus de 60% de ces familles n’ont aucune source de revenu et 93% déclare avoir presque épuisé les réserves alimentaires.

En juillet, près de 38% des 1424 enfants de moins de cinq ans soignés dans les hôpitaux pour réfugiés d’Afgooye et de Hawa Abdi présentaient des signes de dénutrition aiguë et près de 12% apparaissaient dramatiquement sous-alimentés, à risque imminent de mort. (apic/misna/pr)

26 août 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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