Calabre: L’évêque de Locri-Gerace dénonce l’attentat visant l’auto d’un de ses prêtres
Dans une région où règne la «n’drangheta»
Locri, 5 septembre 2007 (Apic) Mgr Giancarlo Maria Bregantini, évêque de Locri-Gerace, en Calabre, a vivement dénoncé l’attentat visant l’auto d’un de ses prêtres. Dans la nuit de dimanche à lundi, peu après minuit, des inconnus ont tiré huit coups d’armes à feu contre la voiture inoccupée de don Giuseppe Giovinazzo. Le but était visiblement d’intimider ce prêtre de 41 ans, engagé auprès des pauvres, des immigrés et des ex-détenus.
Mgr Bregantini a exprimé son indignation et son amertume que l’on s’en prenne ainsi à un prêtre du diocèse. Un «homme généreux et au grand coeur», a-t-il déclaré mardi au quotidien catholique «Avvenire».
Don Giuseppe Giovinazzo, curé de Moschetta et vice-curé de la paroisse de Porto Salvo, à Siderno, a fondé il y a plusieurs années une association qui vient en aide aux personnes marginalisées, et collabore avec la Caritas. Récemment, don Giovinazzo et son association ont fourni une assistance à des ex-détenus, dans le cadre du projet «Potamos», qui fait partie du mouvement coopératif.
Après le bain de sang de Duisbourg
L’amertume, pour Mgr Bregantini, est encore plus grande du fait que le diocèse avait justement repris espoir après le bain de sang de Duisbourg, ville du nord-ouest de l’Allemagne. C’est là que dans la nuit du 14 au 15 août dernier a été commis un massacre devant un restaurant italien, vraisemblablement dû à la guerre que se mènent deux clans de Calabre, région où «règne» la mafia calabraise, la sinistre «n’drangheta». Les six victimes provenaient toutes de la région de Locri.
En août dernier, l’évêque de Locri-Gerace avait déjà fait la une des journaux en souhaitant que les pyromanes qui sévissaient alors sur le front des incendies en Italie soient excommuniés. Plusieurs personnes ont péri dans les incendies qui ont ravagé durant le mois dernier le sud de l’Italie. Mgr Bregantini, connu pour ses prises de position «anti-n’drangheta» avait qualifié de «délit infâme» le fait de mettre le feu et de brûler une forêt, estimant que l’on devait poursuivre les auteurs de ces actes avec la même sévérité que celle avec laquelle l’Eglise dénonce ceux qui s’en prennent à la vie dans le sein de la mère. «J’oserais parler d’excommunication», avait-il encore lancé à l’adresse des pyromanes. (apic/cic/avv/be)




