Plus de 80 religieux bouddhistes ont été arrêtés
Myanmar: Au moins trois moines tués par les forces de sécurité
Rangoon, 26 septembre 2007 (Apic) Au moins trois moines ont été tués mercredi par les forces de sécurité birmanes. Plus de 80 moines bouddhistes ont été arrêtés ce même jour, dont une dizaine ont été battus, selon des témoins. Aung San Suu Kyi a été remise en prison.
La situation du Myanmar a rapidement dégénéré. Plus de 80 moines bouddhistes ont été arrêtés le 26 septembre par les forces de l’ordre, dont une dizaine ont été battus. Au moins trois religieux ont été tués, ont indiqué deux hauts responsables birmans sous couvert d’anonymat. Un bonze a été tué par un coup de feu alors qu’il tentait de désarmer un soldat, alors que deux autres religieux ont été battus à mort, a précisé un témoin.
D’après ce que réfèrent des témoins à l’agence catholique Misna, les policiers sont intervenus à l’aide de gaz lacrymogènes et de matraques dans le but de disperser les manifestants, qui se dirigeaient vers la Pagode de Shwedagon, devenue l’un des symboles de cette révolte.
La cheffe de l’opposition a été arrêtée
Des sources de Misna ont en outre confirmé la nouvelle qui circulait mardi soir: Aung San Suu Kyi, cheffe de l’opposition, a été arrêtée, alors qu’elle était assignée à domicile, et aurait été transférée à la prison d’Iansein, la plus grande du pays, où sont détenus la plupart des prisonniers politiques. La nouvelle de son arrestation avait été d’abord démentie par les forces de police du Myanmar.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à tenir une réunion d’urgence sur la crise au Myanmar. Prévenant la junte militaire que «le monde entier regarde» ce pays, il a estimé qu’un «envoyé spécial de l’ONU devrait être envoyé» sur place rapidement.
Les Eglises solidaires des moines bouddhistes
La veille, le leader de l’Eglise anglicane du Myanmar, Samuel San Si Htay, avait déclaré à l’agence oecuménique ENI qu’il allait rencontrer des évêques catholiques pour discuter de la situation. Par ailleurs, Prawate Khid-arn, secrétaire général de la Conférence chrétienne d’Asie (CCA), une organisation basée en Thaïlande, a fait l’éloge du rôle positif que jouaient les moines bouddhistes au Myanmar pour aider les gens à «surmonter les conditions inhumaines qu’ils doivent subir depuis longtemps.»
«La dissidence ouverte et les audacieux défilés de personnes à travers les villes sont un signe manifeste que les gens ne veulent pas se conformer au pouvoir des dictateurs militaires», a déclaré Prawate Khid-arn dans une lettre adressée au Conseil des Eglises du Myanmar. «La spiritualité libératrice du bouddhisme et d’autres religions est une force d’opposition positive et non violente permettant de transformer les principes, les pouvoirs et les forces diaboliques qui se sont emparés de votre pays pendant plusieurs décennies», a-t-il ajouté. Le pasteur Hermen Shastri, secrétaire général du Conseil des Eglises de Malaisie, a également fait parvenir un message de soutien au Conseil des Eglises du Myanmar. Il espère que ces événements mèneront à «une nouvelle ère de démocratie et de paix» au Myanmar.
Les militaires ont pris le pouvoir au Myanmar en 1988 suite à l’émergence d’un énorme mouvement pro-démocratie mené par Aung San Suu Kyi, fille du leader de l’indépendance birmane Aung San. Les bouddhistes représentent 89% des 47,7 millions d’habitants du Myanmar. Les chrétiens constituent 4% de la population. (apic/misna/eni/bb)




