Les Eglises toujours opposées à l’extension du travail dominical

Suisse: Le Conseil national autorise le travail du dimanche quatre fois par an au plus

Berne/Fribourg, 26 septembre 2007 (Apic) Alors que le Conseil national a autorisé mercredi 26 septembre le travail du dimanche quatre fois par an au plus, les Eglises chrétiennes de Suisse rejettent toujours l’extension du travail dominical. Elles maintiennent la position qu’elles avaient adoptée lors de la votation sur la modification de la loi sur le travail le 27 novembre 2005. Pour elles, «le dimanche, c’est sacré».

Les Eglises chrétiennes interrogées mercredi par l’agence Apic, que ce soit la Conférence des évêques suisses (CES) ou la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), rappellent qu’elles s’étaient fermement engagées contre la modification de la loi sur le travail. Rejoignant ainsi d’autres organisations chrétiennes, eIles disaient alors clairement «non» à l’assouplissement que prônait l’initiative parlementaire «Heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics». Elles ont pris cette position «dans l’intérêt des familles», insistait alors la CES.

La FEPS et la CES, soutenues par les membres de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH), s’étaient alors résolument engagées pour la protection du dimanche dans un document commun intitulé «Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté – Une contribution oecuménique des Eglises à propos de la révision de la loi sur le travail».

Les Eglises considèrent le dimanche comme un jour digne de protection

Après le vote de la Chambre basse du parlement fédéral – par 104 voix contre 66 voix venant de la gauche, des évangéliques et de quelques démocrates-chrétiens – les cantons devraient être libres d’autoriser l’ouverture des magasins quatre dimanches par année au plus. Le Conseil national a décidé de réglementer de cette façon l’ouverture dominicale des commerces hors gares et aéroports, donnant ainsi suite à une proposition de l’ancien conseiller national radical bernois Kurt Wasserfallen.

La balle est maintenant dans le camp du Conseil des Etats. Désormais, si la chambre haute suit la même logique, le travail dominical sera autorisé jusqu’à quatre fois par an sans qu’il soit nécessaire d’établir l’existence d’un besoin urgent.

En 2005, une position commune avait été élaborée conjointement par la Conférence des évêques et la Fédération des Eglises protestantes. Pour ces dernières, libéraliser l’ouverture de magasins le dimanche allait ôter à ce jour particulier sa fonction privilégiée dans la semaine pour se reposer. Le peuple suisse a déjà été appelé plusieurs fois à se prononcer sur le travail le dimanche – sur le plan fédéral ou cantonal – et chaque fois il l’a refusé, rappelaient alors les Eglises. Elles mettaient déjà en garde contre une porte ouverte à une libéralisation généralisée.

«La vie économique ne doit pas dicter notre vie personnelle, spirituelle et sociale»

Pour les deux Eglises, cette évolution est dangereuse. Elle menace les conditions de vie et la dignité de la personne. «Notre enracinement culturel judéo-chrétien au service de l’homme organise les activités de l’homme sur un rythme – travail/repos – autour duquel se manifestent des rites lors du jour de détente commun à tous: vie cultuelle et spirituelle, activités familiales, amicales, sportives, musicales et communautaires», écrivaient les Eglises chrétiennes. Ces activités donnent du sens à la vie sociale et bouleverser cette organisation de la société, comme l’y incitait la révision de la loi sur le travail du dimanche, «c’est laisser la vie économique dicter notre vie personnelle, spirituelle et sociale».

Pour les Eglises chrétiennes, dire oui à cette libéralisation, «c’est tendre vers moins d’humanité entre les hommes» Les Eglises s’interrogaient aussi sur l’injustice sociale de cette ouverture vers le travail tous les jours de la semaine. Car les employés – prétendument volontaires – ne le sont véritablement pas, si un refus de leur part entraîne des désavantages économiques, d’horaire ou un licenciement, notaient-elles alors. Elles affirmaient encore que le dimanche 27 novembre 2005 «les valeurs essentielles et l’équilibre de notre société sont en jeu». Leur position de principe n’a pas changé, ont confirmé mercredi tant la FEPS que la CES. (apic/be)

26 septembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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