Accueillir les personnes marginalisées

Genève : La basilique Notre-Dame fête ses 150 ans

Genève, 27 septembre 2007 (Apic) On fête ses 150 ans. L’église Notre-Dame, à Genève, a en effet été érigée en 1857 et elle est devenue basilique mineure en 1954. Située à deux pas de la gare Cornavin, elle attire nombre de visiteurs, dont des personnes marginalisées en quête de secours. Insatisfaite de leur répondre par une simple aumône, la paroisse a mis sur pied un service original.

Il s’appelle Batjom Gwodog Richard. Ce Camerounais est arrivé en Suisse pour étudier la théologie à Fribourg. Ayant par la suite changé d’orientation, il est devenu sacristain à la paroisse genevoise de Notre-Dame et, parallèlement, il a suivi une formation d’assistant social. Une fois diplômé, la paroisse lui a confié, il y a un an, en plus de sa tâche de sacristain, celle de l’accueil des personnes marginalisées, nombreuses à chercher de l’aide dans cette église qui se trouve tout près de la gare de Cornavin.

«Cela soulage les prêtres. Auparavant, on puisait dans le tronc des pauvres pour donner quelque chose à ceux qui se présentaient», explique Pierre Jaquet, le curé de Notre-Dame. Il aime citer ce passage des Actes des Apôtres où saint Pierre répond à l’infirme qui le sollicite: «De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas; mais ce que j’ai, je te le donne» (Actes 3,6). «Ce que nous pouvons offrir, c’est d’abord, dans la basilique, un espace de vie intérieure». Pour le reste, Pierre Jaquet, qui a travaillé pendant un an comme assistant social, a perçu qu’on n’apporte pas une solution aux gens qui passent de cure en cure en leur glissant dix ou vingt francs. Il est heureux de pouvoir les renvoyer à une personne possédant les compétences nécessaires pour les écouter et, le cas échéant, les diriger vers un service social.

Cette personne, c’est donc Richard. Il dispose d’un petit bureau à côté de la sacristie où il assure une permanence quatre demi-journées par semaine. Mais, dit-il, «la misère ne prend jamais rendez-vous». Son autre emploi, celui de sacristain, lui permet une certaine flexibilité. «J’essaie de m’insérer dans la pastorale de Notre-Dame, dans l’esprit de Marie servante du Seigneur», souligne-t-il.

Tu as un problème et la solution

Ce matin, Richard vient de passer une heure avec un Mauricien venu de Paris, où il réside, pour trouver du travail à Genève. «On commence par prendre un café. L’écoute est importante. Elle aide la personne à comprendre sa propre situation.» Elle est aussi nécessaire pour lui permettre de mettre en oeuvre ses potentialités. «Je lui dis: tu as un problème, mais en toi il y a également la solution. Donc, on voit ça ensemble!» Dans ce cas, le Mauricien, qui peut obtenir un permis de frontalier, présente un curriculum vitae mal rédigé. «Je lui ai indiqué comment l’améliorer, mais c’est lui-même qui le fera».

Parmi les «clients» de Richard, il y a passablement de Sud-Américains, d’Africains et d’Asiatiques, en majorité des femmes. «La plupart sont entrés en Suisse avec un visa de touriste et sont restés après son échéance. Ils ont peur, parfois ils tremblent, c’est impressionnant. Ils ont peur de la police, de tout le monde, ils sont perdus. Ils ont tout quitté dans l’espoir de trouver de l’or ici et c’est la déception. Ils me font confiance, me disent: Vous n’allez pas me dénoncer. «

Et il y a les Suisses ou les étrangers résidents. Dont des chômeurs en fin de droits, des personnes âgées aux prises avec leur déclaration d’impôt ou submergées par leurs factures, des gens dans une situation financière difficile.

«Nous sommes une paroisse, pas un service social. Je renvoie les gens qui ont droit à une aide à l’Hospice général, d’autres à Caritas ou au Centre social protestant». Il y a encore ceux qui ont besoin d’un abri pour la nuit ou d’un repas. «L’hiver, je donne parfois un bon pour l’Armée du Salut, j’indique l’adresse des lieux où l’on peut manger gratuitement. Je remets un bon de la Migros quand c’est vraiment nécessaire. Je ne veux pas créer une dépendance».

C’est justement un tel bon que sollicite cette femme qui se présente à la porte de la sacristie alors que je quitte Richard. Il la connaît bien. Pour se racheter, elle dit qu’elle fera un jour du bénévolat dans une paroisse . (apic/mba/bb)

27 septembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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