Toujours en pleine forme malgré une vie agitée
Genève: La Basilique Notre-Dame fête ses 150 ans
Gladys Théodoloz, pour l’Apic
Genève, 28 septembre 2007 (Apic) On l’appelle «l’église des Genevois» en raison de son importance historique et de sa situation centrale. Depuis 150 ans, la basilique Notre-Dame embellit de son architecture raffinée la place Cornavin, à proximité de la gare du même nom. Jusqu’en décembre, au fil des mois et des fêtes mariales, la paroisse organise diverses manifestations dont elle a présenté le programme lors d’une conférence de presse.
Pas besoin de carte ni de boussole pour la repérer. Dès qu’on sort de la gare, on la voit. Juste là, sur la droite. Un somptueux édifice de style gothique, agrémenté d’un parvis verdoyant. S’élevant à l’endroit même des anciennes fortifications de Genève, sur un terrain concédé à l’Eglise catholique par les autorités civiles genevoises en 1850, la basilique Notre-Dame est riche d’une histoire mouvementée, comme celle du canton qui l’abrite. Sa construction, achevée en 1857, n’a pu être menée à bien que grâce à la générosité d’une foule de «contributeurs», parmi lesquels le pape Pie IX lui-même. C’est également lui qui offrit à l’abbé Mermillod, recteur de la paroisse, la blanche statue de Notre-Dame qui orne aujourd’hui encore l’édifice.
Avant de devenir basilique, il y a un peu plus de cinquante ans, l’église Notre-Dame de Genève allait traverser bien des vicissitudes. En 1875, dans la tourmente du Kulturkampf, elle tomba aux mains des catholiques-chrétiens (ou vieux-catholiques), qui ne la rendirent à leurs légitimes propriétaires qu’en 1912, contre espèces sonnantes et trébuchantes. D’autres dates allaient marquer son histoire: le 23 mai 1937, ce fut le couronnement de la statue de Notre-Dame, par le nonce apostolique de l’époque. Grand jour de liesse! Le 5 décembre 1954, le titre de basilique mineure (une distinction honorifique accordée par le pape aux sanctuaires dont le rayonnement spirituel est important) fut attribué à Notre-Dame de Genève, comme en témoignent les deux insignes du «tintinnabule» (clochette) et de «l’ombellino» (sorte de parasol fermé) qu’on peut voir aujourd’hui encore dans un coin du sanctuaire.
Vie intense
Malgré ce passé chargé, la basilique Notre-Dame n’a rien de poussiéreux. Une vie intense l’anime, se réjouit le curé Pierre Jaquet. Chaque week-end, quelque 2’000 fidèles fréquentent ses offices; plus de 90% d’entre eux viennent de l’extérieur de la paroisse. Par ailleurs, entre 300 et 400 personnes poussent journellement les lourdes portes ouvragées de l’édifice, pour la messe, la récitation du chapelet, le sacrement de réconciliation ou tout simplement un moment de prière. Au carrefour des activités humaines les plus diverses, la basilique est aussi un lieu de refuge et d’accueil pour des personnes démunies, solitaires, en rupture familiale, professionnelle ou affective. A leur intention, la paroisse a mis sur pied depuis une année un service spécial, animé par des bénévoles sous la houlette d’un travailleur social, où elles trouvent écoute, conseils et soutien. Ces liens humains symbolisent l’attachement populaire au bâtiment et au sanctuaire de Notre-Dame de Genève, et sa vocation de rassemblement. Les fêtes du 150e – qui ont commencé en août pour se terminer en décembre – veulent être fidèles à cet esprit, souligne Pierre Jaquet.
Du beau monde pour une bonne cause
Elles seront marquées notamment, le dimanche 7 octobre à 16h30, par un office solennel présidé par le cardinal Cottier, qui proposera par ailleurs une méditation sur l’eucharistie «Sacramentum Caritatis» le 4 octobre à 20h. Le 12 octobre à 20h, le concert du 150e ravira les amateurs de Mozart, de Haendel et de l’abbé Bovet. Le 24 octobre à 20h, une conférence de l’architecte Jacques Malnati permettra d’en savoir plus sur l’architecture de la basilique et les travaux de restauration dont elle a été l’objet. Le 15 novembre, Dominique Haenni, ancien chancelier d’Etat et théologien, viendra parler, quant à lui, de «l’Eglise Notre-Dame dans son contexte historique», tandis que l’abbé Pierre Vuichard, qui fut vicaire à Notre-Dame, proposera le 29 novembre une réflexion intitulée «Du Syllabus au dialogue interreligieux». Les festivités se termineront le samedi 8 décembre, en la fête de l’Immaculée Conception, lors d’une messe présidée par Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire. D’autres événements sont prévus jusqu’en 2010, dont on ne connaît pas encore le programme. (apic/gt/bb)




