L’extrémisme a augmenté depuis l’épisode de la Mosquée Rouge
Pakistan: Justice et Paix s’inquiète des violences islamistes au Nord-Ouest
Islamabad, 30 septembre 2007 (Apic) La commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale pakistanaise lance un cri d’alarme face à l’escalade des violences antichrétiennes dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest. «De nombreuses familles ont fui et l’extrémisme a augmenté après l’épisode des opérations militaires dans la mosquée Rouge à Islamabad, en juillet dernier», a expliqué la Commission.
Voilà des mois que les chrétiens de la région du Nord-Ouest au Pakistan, à la frontière avec l’Afghanistan, sont la cible de violences, de menaces et d’intimidations de la part de groupes radicaux islamistes. Ces derniers agissent en toute impunité, plongeant une grande partie de la population dans la peur, dénonce Justice et Paix, dans une déclaration reprise le 29 septembre par l’agence Eglises d’Asie.
Le 15 septembre dernier, en pleine nuit, une bombe a frappé la John Bosco Model School, située dans le district de Bannu, où vivent près de 800 familles chrétiennes. L’attentat n’a pas fait de victime mais a détruit la chapelle de l’école ainsi que d’autres parties de l’établissement. Elle accueille 50% d’élèves chrétiens et 50% d’élèves musulmans, l’équipe d’enseignants étant également de religions différentes. Une école «modèle» en termes de cohabitation pacifique et d’harmonie dans cette région tourmentée.
«Tous les musulmans dans les école coraniques»
A Sangota, dans le district de Swat, une autre école catholique, la Public High School, a dû fermer ses portes du 9 au 17 septembre dernier après avoir reçu une lettre menaçant d’une attaque suicide imminente au coeur de l’institut. Publiée par la presse locale, la lettre, signée par le groupe radical islamique Jan Nisaran-e-Islam, accuse les soeurs carmélites, à la tête de l’école depuis février 2007, «de faire du prosélytisme, de convertir les jeunes élèves musulmanes et de corrompre leur moralité par des boissons alcoolisées et du matériel pornographique». La lettre défendait aux familles musulmanes d’envoyer leurs enfants dans cet établissement, demandant qu’ils soient inscrits dans les écoles coraniques de la région. A la Public High School de Sangota, 99% des élèves sont musulmanes, leurs familles appréciant la qualité de l’enseignement et de l’instruction. Afin de rouvrir les portes de l’école, la direction a dû demander la protection de la police locale qui, depuis, surveille l’établissement jour et nuit. Par le passé, l’établissement scolaire avait déjà fait l’objet de menaces de la part de groupes extrémistes musulmans.
Pour la Commission ’Justice et Paix’, «seule la résolution des questions urgentes et fondamentales que sont la liberté, la démocratie et le respect des droits de l’homme pourra apporter la paix et l’harmonie sociale au Pakistan». (apic/eda/bb)




